Le mouvement Rezistans ek Alternativ réclame que le gouvernement vienne de l’avant avec un projet de loi au Parlement avant l’échéance des prochaines élections générales. Le mouvement veut ainsi un « effective remedy » au communalisme favorisé, selon lui, par le “Best Loser System”, faisant notamment référence à l’obligation pour tout candidat de décliner son appartenance communautaire lors des élections, comme prescrit dans la Constitution.
Rezistans ek Alternativ est catégorique : l’annonce du Premier ministre à l’effet qu’un “White Paper” sur la réforme électorale sera présenté le 25 du mois courant ne constitue pas un « effective remedy » au problème de communalisme favorisé, selon lui, par le “Best Loser System”. La déclaration communautaire obligatoire des candidats lors de l’inscription pour les élections, comme inscrit dans la Constitution, favoriserait en effet, selon les animateurs de Rezistans ek Alternativ, des lobbys communs – religieux et politiques –, ce qui constitue « un danger pour la démocratie ». D’où l’appel pressant lancé au gouvernement pour qu’il vienne de l’avant avec un projet de loi, si ce n’est la présentation d’un “draft pill” qui contiendrait, au moins, les propositions du PTr, a exhorté Michel Chiffone, un des animateurs du mouvement, lors d’une conférence de presse tenue à la mi-journée. Selon l’intervenant, la majorité parlementaire serait par ailleurs en faveur d’une réforme du système électoral.
Accentuant la pression au sujet de l’introduction à l’assemblée nationale d’un projet de loi en ce sens, Michel Chiffone parle de « possible insurrection pacifique » des jeunes contre le communalisme en marge des prochaines élections générales. Selon lui, de nombreux jeunes songent déjà à « poser en masse » en se déclarant candidat aux élections et en négligeant expressément le fait de déclarer leur appartenance, tout comme l’avaient fait 104 personnes lors des dernières élections, en mai 2010, dans le cadre d’une action visant à défier le système actuel. A noter que Rezistans ek Alternativ avait ensuite saisi la Cour suprême à la suite du rejet de la candidature de ces 104 personnes. « Il se peut que le taux de participation dépasse les 16% », prévient Michel Chifonne.
Entrevoyant le même scénario qu’en 2010, le mouvement, qui affirme être déterminé, se dit prêt à aller une fois de plus jusqu’au Conseil privé de la Reine pour que cette instance juridique statue sur leur demande pour contester la déclaration communautaire obligatoire des Mauriciens candidats aux législatives. Abondant dans le même sens, Veena Dolah a expliqué qu’il était grand temps qu’un projet de loi pour réformer le système électoral voit le jour « pour éradiquer le communalisme une bonne fois pour toute ». De son côté, Georges Legallant est d’avis qu’il est urgent d’enclencher la réforme électorale, ce qui constituera, estime-t-il, « un grand pas en avant ». Yann Jacob a, pour sa part, invité Navin Ramgoolam à décliner sa position concernant la réforme électorale et, surtout, au sujet de la déclaration communautaire des candidats. « En cas de projet de loi, que tous les députés assument leur part de responsabilités devant l’histoire », a-t-il plaidé.