À deux jours des élections municipales, le Premier ministre, sir Anerood Jugnauth, a sorti aujourd’hui l’artillerie lourde contre son principal adversaire, Paul Bérenger. Il accuse le leader mauve d’avoir conclu une alliance tacite avec le PTr de Navin Ramgoolam. Il a, par la même occasion, invité les électeurs à « pa kas vot » et à voter pour les candidats des trois composantes de l’Alliance Lepep. Six mois après l’arrivée du nouveau gouvernement au pouvoir en décembre dernier, SAJ a invité la population à la patience. « Dimounn bizin konpran, dimounn tro inpasian. Eski nou ena baton mazik ? » a-t-il lancé, en rappelant que seulement 1/18e du mandat de l’Alliance Lepep a été accompli.
Concernant sa santé, SAJ a expliqué qu’il se relève d’une grippe et qu’il se sent en très bonne forme. Il a accusé Paul Bérenger de prier pour sa mort. « Kouma dir li (Bérenger) pe prie pou mo la mor. Kan ler pou mo ale, mo pou ale. Kan ler Bérenger pou arive, li pou ale li ousi ». Il se dit ainsi prêt à faire l’histoire et aller jusqu’au bout de son mandat. Répondant à Navin Ramgoolam qui accuse le gouvernement de détruire ce qu’il a construit, sir Anerood Jugnauth a répondu « nou pe detrwir sato Soornack ek fortune ki zot finn fer zot pros ramase ilegalman ». Il a également souligné que la police travaille en toute indépendance et ira jusqu’au bout de chaque enquête initiée contre Navin Ramgoolam, avant de remettre le dossier à la justice.
Sir Anerood Jugnauth, qui était entouré des membres de son gouvernement pour une conférence de près d’une heure, a rappelé que cela fait aujourd’hui 33 ans qu’il a accédé au poste de Premier ministre pour la première fois, après les élections du 11 juin 1982. Il s’est souvenu de l’héritage qu’avait laissé alors le gouvernement travailliste. « Le pays était endetté jusqu’au cou, la roupie avait été dépréciée par 50 %, le nombre de chômeurs était estimé à 80 000, l’économie était en ruine et les réserves en devises étrangères équivalaient à une dizaine de jours d’importation ». Il a rappelé que la situation était tellement difficile que Paul Bérenger avait dit que la population devrait commencer à se préparer à manger « patate/manioc ». Il a rappelé qu’après la cassure du gouvernement et la création du MSM, il avait entrepris de sauver le pays. Il avait alors fait venir du riz de Taïwan, ignorant les susceptibilités qui l’opposaient à la Chine car il avait en tête l’intérêt de la population avant tout. Selon lui, si Paul Bérenger avait alors pris le pouvoir, Maurice serait devenue le pays le plus pauvre du monde et la démocratie aurait disparu. « Azordi li pe dire faire li confiance donne li municipalité pou li kas paket », a-t-il lancé en ajoutant que « Le peuple inn kas paket dan dernier élections ».
Évoquant la situation actuelle, sir Anerood Jugnauth a rappelé que cela fait seulement six mois que le nouveau gouvernement est arrivé au pouvoir. Il a estimé que la population doit comprendre et doit prendre patience. « Est-ce ki nou ena baton mazik ? » a-t-il lancé, estimant que le gouvernement ne peut réaliser en six mois ce que le précédent gouvernement n’a pu faire pendant des années. « Akot zot fine amene sa pays là. Ramgoolam dire nou construire zot pe detrwir. Nou pe detrwir sato Soornack ek fortune ki li finn fer so proche amassé illégalement », a-t-il lancé. Il estime que ce que son gouvernement a accompli durant six mois est extraordinaire et a été réalisé avec « leker ek sincerité ». SAJ est revenu sur les mesures sociales introduites depuis le début de l’année et qui ont coûté Rs 9 milliards à l’État. « Nous avons amélioré le pouvoir d’achat des familles », a-t-il dit.
Concernant les enquêtes en cours, il a affirmé que la police fait son travail en toute indépendance. « J’ai entière confiance dans le commissaire de police qui présentera bientôt un plan de travail », a-t-il annoncé.
Évoquant les spéculations autour de sa santé, Sir Anerood Jugnauth a déclaré : « Mo rassure Paulo ki mo ti gagne la grippe, enn ti maladie ». Il accuse Paul Bérenger de dire partout que « Jugnauth pa pou là l’année prochaine ». « On dirait qu’il prie pour ma mort. Il faut savoir ce que ce qui est écrit se produira. Kan l’heure pou vini pou mo ale, mo pou ale. Kan l’heure Bérenger pou arive li pou ale », a-t-il dit. « Ce que Bérenger doit savoir, c’est que je n’ai pas changé en ce qui concerne ma politique concernant mon pays. Bérenger kapav kontinie divaguer mais pas kapav continuer pran peuple pou imbécile », a-t-il lancé. Il s’est demandé ce qui se serait passé si l’Alians Lepep avait perdu les élections. Navin Ramgoolam aurait été président pour sept ans durant lesquels il aurait bénéficié de l’immunité. Paul Bérenger aurait été Premier ministre et aurait passé l’éponge sur le passé. SAJ a estimé que Ramgoolam aurait sûrement expulsé Bérenger du gouvernement.
Poursuivant son intervention, sir Anerood Jugnauth a estimé qu’il y a une alliance tacite entre le MMM et le PTr. Il affirme disposer d’informations à l’effet que les agents travaillistes demandent à leurs partisans de voter en faveur du MMM.
SAJ a expliqué que son gouvernement a pour mission de nettoyer et que travail se fait. « Pena okenn vendetta politique, pena okenn vengeance, bizin met l’ordre, met prop. Pa kapav construire lors enn soubasman pouri ». « On a toujours dit que le PTr avait une culture de « kokin » mais ce que nous découvrons c’est une machinerie infernale pour dévaliser le pays », a-t-il dit. Il a accusé Paul Bérenger d’avoir voulu oublier tout cela pour son intérêt personnel car il voulait devenir Premier ministre très vite et à n’importe quel prix. « La police ira jusqu’au bout de chaque enquête enclenchée, que ce soit Betamax, Duty Free paradise, les coffres-forts, l’acquisition des avions etc. La vérité bizin faire surface », a-t-il affirmé avant d’ajouter : « Nous sommes dans un État de droit, une fois l’enquête terminée il faudra répondre devant la justice ».
Au chapitre économique, le Premier ministre a expliqué que des mesures ont été prises pour placer le pays sur les rails du miracle économique et que des emplois seront créés.
SAJ a finalement appelé la population à renouveler sa confiance en l’Alliance Lepep en lui faisant confiance lors des prochaines élections afin qu’elle puisse transformer le pays. L’Alliance Lepep est composée de trois partis et il ne faut pas « kas vote », dit-il.