Récemment l’agence de notation Standard & Poor’s (S&P) a dégradé la note de la dette américaine, de ‘AAA’ à ‘AA+’ (au lieu de 20/20, ils ont maintenant 19/20), et nous avons vu l’impact que cela pouvait avoir sur le moral des investisseurs dans le monde entier, et bien évidemment les Chinois (premiers détenteurs de dette américaine) n’ont pas tardé à réagir – un peu à la manière d’un banquier qui prévient son client qu’il faut qu’il fasse attention. Cette dégradation sonne comme une alarme sur la structure financière de l’Etat américain; la raison est simple: les Etats-Unis ont un endettement trop élevé et les mesures prises pour y remédier à court terme ne sont pas convaincantes.
Bien que le patron de S&P – Deven Sharma – mette en avant l’indépendance de l’opinion de son établissement et la méthodologie utilisée, on est quand même amené à nous poser des questions sur le rôle de ce type d’établissements. En étant analyste crédit / de dette, peut-on analyser le risque souverain d’un pays sachant que ce dernier nécessite une grande compréhension des problématiques de politiques économiques (beaucoup d’économistes se posent cette question). Sur le cas des Etats-Unis, nous savons très clairement que résoudre le problème de la dette n’est pas une priorité à court terme car le principal objectif consiste à ramener la croissance via le stimulus budgétaire, afin de générer des emplois.. et in fine réfléchir à la réduction de la dette.
Depuis quelques semaines, beaucoup de pays dont les Etats-Unis, la France, l’Espagne, la Grèce, l’Italie, le Royaume-Uni ont communiqué un plan stratégique visant à réduire la dette publique… afin d’éviter une possible dégradation de leur note et de facto rassurer les investisseurs. Mais, faut-il rassurer les investisseurs d’abord en sacrifiant le volet social, ou bien assurer la création d’emplois et donc éviter les plans d’austérité?