« Sans doute en est-il des médicaments comme des politiciens : si on appliquait avec rigueur la règle de l’efficacité, il faudrait fermer la moitié des pharmacies et la totalité des assemblées parlementaires. » nous dit Philippe Bouvard dans « Mille et une pensées » (2005). Une citation qui vaut son pesant d’or compte tenu de la situation politique actuelle. Des arrestations à la pelle, des excès de zèle, se faire porter en civière, couché sur un oreiller d’accusations, atteint d’une maladie à tort ( ?), se faire admettre dans une institution devenue par la force des choses, aux yeux du citoyen ordinaire, la « One Stop Shop » des vrais-faux malades, le « ti crétin » devenu du jour au lendemain copain, un vieux renard qui ravale son propre crachat, des langues qui se délient (un peu trop), dilettantisme mis au grand jour grâce à un micro espion, homme jadis de confiance devenu « Guignol » et « Poltron » … Ma foi, on dirait bien qu’ils font tous une overdose d’infusion de « verve-haine » ! Bref, bienvenue chez les Ch’tis !
Pire, malgré tout ce cirque médiatique qui dure depuis voilà trois mois, on continue de sourire, et ce même si tout va mal. On se demande en fait, s’ils ne mangent pas tous du cirage tant chacun veut luire aux yeux de l’électorat qui commence franchement à se lasser d’être taxé d’inintelligent. Et on se voile toujours la face quant à l’ampleur de la corruption dans notre pays. Je parle de corruption politique.
Depuis la démocratie athénienne à ce jour, la corruption n’a cessé de ronger, tel un cancer, les systèmes politiques. Elle est omniprésente, injurieuse et par moments, comme aujourd’hui, menace le système social. Aucune culture, aucun système de gouvernement, aucun code d’éthique n’a été en mesure d’éliminer la corruption politique. Soyons clairs. Pour que quelque chose puisse être qualifié de corruption politique, il doit avoir un impact public, faire partie d’une quelconque violation de la confiance publique. MedPoint en est un exemple (parmi d’autres) ! Ceci dit, il nous faut bien faire la distinction entre corruption individuelle et corruption systémique. La première renvoie à la faute individuelle. Un titulaire d’une haute fonction pris en flagrant délit, un législateur qui vend son vote, seraient des exemples de « pommes pourries ». La corruption systémique est beaucoup plus large, car au lieu des pommes pourries, nous nous retrouvons face à un système pourri. Le discrédit de la légitimité ou de l’égalité démocratique pourrait bien être un exemple de corruption systémique. Un genre de corruption qui va bien au-delà de la transgression individuelle. Où est le point ? En mettant l’accent sur l’individuel, on a tendance à négliger le systémique. Il est beaucoup plus simple, et dans le court terme, beaucoup plus valorisant d’attraper, de punir, et de condamner un individu comme X, Y et Z. Mais qu’en est-il des forces systémiques qui ont amené X, Y et Z à se conduire de la sorte ?
« Feindre d’ignorer ce qu’on sait, de savoir tout ce qu’on ignore, d’entendre ce qu’on ne comprend pas, de ne point ouïr ce qu’on entend ; surtout de pouvoir au-delà de ses forces ; avoir souvent pour grand secret de cacher qu’il n’y en a point ; s’enfermer pour tailler des plumes et paraître profond, quand on n’est, comme on dit, que vide et creux ; jouer bien ou mal un personnage ; répandre des espions et pensionner des traîtres ; amollir des cachets ; intercepter des lettres ; et tâcher d’ennoblir la pauvreté des moyens par l’importance des objets : voilà toute la politique ou je meure ! » (Extrait : « Le Mariage de Figaro » – Beaumarchais)
Voyez-vous, trop souvent, la politique a été qualifiée de dépendante et subsidiaire, et rarement a-t-elle été acclamée en tant qu’entité ayant une vie et un caractère propre à elle. La politique est une préoccupation de l’homme libre et son existence est à l’épreuve de la liberté. Mais au fur et à mesure que les jours passent, ce qui devrait être un art, semble de plus en plus souillé.