Des membres du Collectif Bien-Être de Pointe-aux-Sables se battent depuis 2017 pour mettre un frein à la pollution causée par une fonderie située dans leur localité. Ils ont aussi lancé une pétition contre l’installation d’une cimenterie. Ils doivent se battre aujourd’hui contre l’installation de trois nouvelles usines de Desbro Trading Ltd. Il s’agit de Desbro Trading Ltd, Mesh and Steel et Pipes and Products.

« On dirait qu’il n’y a pas de pollution dans cette zone, des industriels continuent à convertir cette zone en dépotoir pour des déchets », fait remarquer Gila Peeroo, porte-parole du Collectif de Pointe-aux-Sables, non sans rappeler qu’elle a déjà envoyé une lettre l’année dernière à Naila Hanoomanjee, Chief Executive Officer de Landscope Mauritius. Elle avait attiré son attention sur le fait que le site où sont construites les trois usines appartient à Landscope Mauritius. Et que « chacun doit prendre ses responsabilités en temps et lieu parce que sur le site de Landscope Mauritius, il est stipulé que “The site is occupied by environment-friendly factories engaged in activities considered as a non polluting », avait-elle écrit.

Dans une réponse le 19 septembre de l’année dernière, Mme Hanoomanjee avait écrit : « Regarding polluting activities, as we have clearly explained, it is the responsability of the Ministry of Environment to make sure that promoters are respecting the conditions of the EIA permits.We cannot take any action against the leaseholders until we have concrete proof that they are breaching the conditions of their EIA licenses. »

Les membres n’ont cessé depuis de multiplier leurs efforts pour attirer l’attention des autorités concernées. Une marche pacifique avait été organisée en juin dernier à partir de l’université de Technologie, à La Tour Kœnig et à La Tour Martello, pour exprimer leur colère contre la zone industrielle polluante. Et quelques jours après, soit le 19 juin, lors d’une conférence de presse, ils avaient exprimé leurs inquiétudes par rapport aux inconvénients liés aux dépôts de poussière, et fait état des risques sur leur santé. « Nous sommes dans une zone où il y a des personnes qui habitent, des écoles primaires, une université. Nous respirons en permanence l’odeur du soufre et des produits chimiques. La situation devient chaque jour plus inquiétante. »

Les membres du Collectif de bien-être de Pointe-aux-Sables disent attendre avec impatience la période électorale et le “move” que feront les partis politiques sur ce dossier. « Nous allons suivre tout de près », prévient Gila Peeroo qui compte saisir une instance internationale si rien n’est fait pour changer la situation.

Interrogé, le directeur de Desbro Trading Limited a déclaré au Mauricien : « Les usines se trouvent sur une superficie de 320 mètres de la zone résidentielle. Nous avons suivi toutes les procédures. Je ne comprends pas les raisons pour lesquelles les habitants continuent de protester. Nous leur avons déjà demandé de nous adresser leurs plaintes », dit-il.