Les eaux usées à l’instar de celles rejetées des toilettes stagnent au bord de la rivière

Une odeur nauséabonde empeste, depuis plusieurs années, le débarcadère de Deux-Frères, village situé de l’autre côté de la Grande-Rivière-Sud-Est (GRSE). C’est ici que les villageois viennent prendre le bateau pour rejoindre le village de GRSE. Pour certains habitans, ce problème de pollution s’expliquerait principalement par le déversement dans la rivière d’eaux usées provenant de la canalisation domestique défectueuse. Cette rivière saturée d’eau sale se déverse dans la mer. Les plaisanciers embarquant des touristes, sur le quai, pour d’agréables balades, montent au créneau et réclament des mesures concrètes de la part des autorités.

Au point d’embarquement de GRSE, une dizaine d’employés bangladais de l’hôtel Anahita s’installent à bord du bateau de Vishal. Cette navette gratuite les conduira, en moins de cinq minutes, vers le débarcadère de Deux-Frères pour la prière du soir dans une moquée située à 50 mètres plus loin. « Ces personnes, qui sont en plein carême, doivent subir cette odeur infecte en débarquant. C’est honteux ! », s’insurge Vishal qui assure le transport fluvial à cet endroit depuis cinq ans. « Oui, il y a de quoi se cacher le visage de honte ou feindre de ne rien comprendre quand certains touristes discutent entre eux de cette odeur », ajoute-t-il avec dépit.

Cela fait des années que les propriétaires de bateaux attirent l’attention des autorités sur la pollution grandissante de cette rivière : « Les eaux usées du village déversées dans le cours d’eau constituent sans doute le facteur essentiel de la pollution. Et le comble, c’est que les gens viennent souvent pour des parties de pêche », nous confie un autre plaisancier. Il pointe du doigt, « l’incivilité », selon lui, de certains riverains : « Les canaux d’évacuation des eaux usées servent de poubelles. Les eaux usées, à l’instar de celles rejetées des toilettes qui, contre toute logique, se mêle au cours d’eau qui se jette dans la rivière, et je vous laisse à imaginer l’odeur qui s’en dégage ! L’air devient irrespirable » et quand il pleut, ajoute-t-il, l’eau de la pluie se mêle à l’eau de la rivière et l’atmosphère devient lourde, délétère.

Les habitants mettent en cause la mauvaise canalisation de l’eau. « Nous avons, à maintes reprises, alerté le Conseil de district de Gand-Port sur la nécessité d’un canalisateur général pour les eaux usées les empêchant de se déverser dans la rivière. Or, rien n’a été fait ! La National Coast Guard (NCG), dont les locaux se situent à quelques mètres du débarcadère, aurait, selon un des officiers, envoyé une lettre au Conseil de district. C’est tout ! Et rien jusqu’à ce jour ! »

L’autre problème qui inquiète les plaisanciers est l’état de l’abri pour passagers sur le point d’embarcation qui tombe en ruine, disent-ils. « Le crépissage du toit s’effondre au fur et à mesure que le temps passe. Nous souhaitons que les autorités le rénovent au plus vite, au cas contraire il y aura de gros risques que des enfants et des adultes se blessent ».
Week-End a tenté, en vain, de joindre le président du Conseil de district de Grand-Port, Nirmal Domah, au téléphone.