Le ministre de l’Environnement et du Développement durable, Deva Virahsawmy, accompagné des officiers de son ministère et de celui de la Santé et des éléments de la Police de l’Environnement, a effectué à la mi-journée une visite surprise à deux poulaillers opérant illégalement sur les berges d’une rivière à l’arrière du Domaine Les Pailles.
« Je suis d’une part choqué de constater les conditions d’insalubrité dans lesquelles les promoteurs opèrent ces poulaillers et, d’autre part, attristé de voir les conditions déplorables dans lesquelles les habitants d’ici sont obligés de vivre ! » a déclaré le ministre de l’Environnement à la presse à l’issue de sa visite surprise. « Nous avons reçu des plaintes des habitants, des conseillers du village de Pailles et du conseiller de district, Aurdally Noorani, concernant ces poulaillers qui leur empestent la vie depuis des années », explique Deva Virahsawmy.
Une fois sur place, la délégation ministérielle a été assaillie par une odeur pestilentielle en provenance des poulaillers incriminés. Deva Virahsawmy a d’ailleurs dû se boucher le nez avec son mouchoir tant l’odeur était incommodante. Mais ce sont les asticots (“moutouks”) et la fiente de volaille à la hauteur des chevilles qui ont convaincu les membres de la délégation ministérielle qu’il y avait une menace certaine à la santé publique. « C’est un scandale ! » s’est écrié le ministre.
Deva Virahsawmy explique que son ministère a reçu des plaintes selon lesquelles une odeur nauséabonde émane de ces poulaillers, les carcasses de poulets sont brûlées et jetées dans la rivières et des mouches ont envahi tout le secteur.
« Isi sitan santi pi, ou onter kan fami vinn rann ou enn visite. Manze pa kapav manze », s’indigne une habitante. « Enn voisin li pa kapav zouir so pisinn : li trouv moutouk pe naz ar li », ironise un jeune.
Selon le ministre, ces poulaillers constituent une atteinte très grave à l’environnement. Le ministère « usera de tous les moyens à sa disposition pour mettre hors d’état de nuire ces infrastructures ». « Ce n’est pas possible qu’en 2012, alors que le gouvernement s’efforce de faire de Maurice une île où il fait bon vivre et de permettre aux Mauriciens de bénéficier d’un cadre de vie convenable à travers le projet “Maurice île Durable” (MID), qu’il y ait des gens qui ne s’inquiètent outre mesure du bien-être de leurs concitoyens et menacent même leur santé », déplore-t-il.
« Nous allons étudier la possibilité de faire émettre un “Stop Order” contre les opérateurs de ces poulaillers. Nous irons même jusqu’à la Cour suprême s’il le faut pour les fermer ! Nous allons aussi faire nettoyer et désinfecter ces lieux », tempête Deva Virahsawmy.
« Je ne crois pas qu’une autorité ait pu donner la permission à un promoteur d’opérer dans de telles conditions insalubres ! Ou bizin respecter la sante ou vwazin ek l’environnement ! Isi pe zet malprop dan la rivière », fait ressortir le ministre à une question lui faisant observer que le propriétaire a dit détenir les permis nécessaires.
Le conseillers de district Aurdally Noorani se félicite pour sa part de cette descente ministérielle. « Seki pa vinn reissi fer pendan 25 ans, finn réissi fer zordi », a-t-il commenté.
Pris d’un malaise, le propriétaire du poulailler n’a pu faire une déclaration.