Le Mouvement civique de Plaine Lauzun (MCPL), représenté par Farade Nunnoo, a fait servir une mise en demeure au Central Electricity Board (CEB), lui enjoignant de faire cesser toute pollution à partir de la centrale électrique de St-Louis, de s’abstenir d’y ajouter de nouveaux moteurs à l’huile lourde et d’étudier des alternatives à l’utilisation de l’huile lourde. Cette mise en demeure a été servie par les soins du Senior Attorney Abbasakoor.
D’emblée, le MCPL précise que le CEB opère la centrale de St-Louis en plein quartier résidentiel, en violation de la National Development Strategy (NDS). Il précise que la NDS considère une centrale électrique comme un « bad neighbour » qui doit être « nettoyé » ou réinstallé loin des résidences et des écoles. Farad Nunnoo estime que l’autorisation du ministère du Logement et des Terres au CEB en janvier 2012 violant la NDS est « une trahison du devoir fondamental d’un État de protéger la santé de sa population ». D’autre part, poursuit le pétitionnaire, le CEB y a fait installer des moteurs opérant à l’huile lourde et qui émettent plusieurs polluants (tels que l’oxyde d’azote, le dioxyde de soufre et des particules en suspension), dont le niveau enfreint les normes existantes et est nuisible à la santé des habitants. En outre, ces moteurs génèrent des bruits et vibrations qui causent dommages et inconforts aux habitants. « Sans compter que des incinérateurs ont été installés à cette centrale de St-Louis qui émet des fumées et des polluants ».
Le plaignant soutient que suite aux plaintes des habitants depuis 2005, le CEB avait accepté de faire remplacer ces moteurs polluants à partir de 2010 et trouve regrettable que rien n’ait été fait. Le pétitionnaire avance par ailleurs que le ministère de l’Environnement a fait servir plusieurs « Enforcement Notices » au CEB, « que celui-ci a complètement ignorés ». Farad Nunoo rappelle également que le gouvernement a officiellement annoncé que le CEB y installera, d’ici à 2017, quatre nouveaux moteurs à l’huile lourde en dépit que des solutions plus propres soient disponibles (telles que l’énergie renouvelable ou le gaz). « De même, le CEB a archi répété depuis 2000 qu’il fallait remplacer ces moteurs obsolètes pour sauver le pays de black-out imminents ».
Le pétitionnaire argue qu’en dépit de l’annulation du projet de centrale à charbon de CT Power, il n’y a eu aucun black-out et que le ministre de l’Énergie, dans une déclaration officielle à l’Assemblée nationale en mars dernier, a affirmé qu’il n’y avait aucun risque de black-out avant 2017. Ainsi, observe Farad Nunnoo, « alors qu’il existe aujourd’hui des technologies propres moins onéreuses comme les centrales solaires ou celles roulant au gaz naturel, cette décision du CEB d’ajouter quatre nouveaux moteurs roulant à l’huile lourde polluante est malvenue et fondée sur des considérations peu fiables ».