« Si minis so fami ti rest par ici, eski zot ti pou fer sa ? » C’est la question posée par les habitants de Cité Kennedy, las de respirer quotidiennement une fumée noirâtre issue de l’incinérateur de l’hôpital Victoria. Sans compter l’odeur nauséabonde qui s’en dégage à chaque fois que l’appareil est en marche. Cette situation ne peut plus durer, disent-ils : « Nous respirons un air impur. Nous n’en pouvons plus. Nou pe malad are sa. » Depuis plus de 20 ans, ils luttent pour le déplacement de cet incinérateur qui représente une menace à leur santé. Malgré leurs plaintes auprès des autorités concernées, presque rien n’a été fait, si ce n’est l’installation, au même endroit, en bordure de la rue La Paix, d’un incinérateur à gaz, et l’élévation des murs. Entre-temps, leur calvaire continue et chaque jour de la semaine, sans répit entre 7h et 16h, l’incinérateur émet sa fumée sombre et son insoutenable odeur…
Plus de 40 ans qu’elles vivent dans cette région, et plus de 40 ans que ce calvaire dure. Mary Ann, Ginette, Véronique, Suzelle et Suzanne, toutes habitantes de Cité Kennedy, disent ne plus pouvoir supporter cette fumée. Comme tous les autres habitants du quartier, elles sont lasses de cette situation qui met leur santé en danger. Les personnes souffrant de problèmes respiratoires dans la région sont très nombreuses, soutiennent-elles. « Enn simple lagrip gagné, bizin ale met nebuliser dan lopital, parski poumon napli bon », raconte Véronique. Ses amies abondent dans le même sens et ajoutent : « Pa kapav laisse enn lafnet ouvert, pa kapav mett linz sec dehor. Kouma mett lor lacord, linz-la vinn noir ek bizin rélavé. » « Nous vivons quotidiennement dans la pollution », déplorent ces habitantes de Cité Kennedy, pointant du doigt l’incinérateur de Candos.
Leur calvaire commence chaque matin aux alentours de 7h, disent-elles. Et si les working hours officielles de cet incinérateur sont établies entre 7h et 16 h, souvent, celui-ci est souvent mis en marche pendant la nuit également, affirment nos interlocutrices.