La Journée internationale de l’Environnement est axée sur l’épineux problème de la pollution plastique cette année. Et pour cause, tous les jours, les utilisateurs de réseaux sociaux sont assaillis de faits divers sur la destruction ou la pollution causée par le plastique. Nous sommes désormais loin de ces jours, où l’on chantait les louanges de ce sous-produit pétrochimique bon marché. Désormais, le plastique est comme une arme de destruction massive… une arme que nous utilisons au quotidien.

Arabella Seebaluck

Les horreurs de la pollution plastique sont partout dans les médias, tous les jours. L’exemple le plus récent étant celui de cette baleine repêchée avec 8 kilos de plastique dans l’estomac. Bien évidemment, elle n’a pas survécu. Nous lisons sans arrêt des articles sur le danger de ce produit: comment il contamine les rivières, pollue les océans et les plages et tue la faune et la flore. Nous savons tout du ravage plastique, mais que faisons-nous personnellement pour renverser la vapeur? Quelles méthodes adoptons-nous dans nos vies de tous les jours pour minimiser l’impact de notre consommation plastique sur notre environnement? Pour beaucoup d’entre nous, rien. Absolument rien.

L’ironie, c’est que le Soi est le meilleur point de départ. Cet individu, ce je, moi. Pour mieux comprendre, voyons l’envers du décor. Qu’est-ce qui a causé la pollution plastique pour commencer? Un individu. Une personne, rien qu’une. Quelqu’un a pensé que ça ne ferait aucun mal de jeter une bouteille en plastique par terre, quelqu’un a pensé que ça ne ferait aucun mal de jeter des sacs en plastique dans un cours d’eau. Pour cause, où que nous soyons à Maurice, il y a des déchets en plastique…

Souvent, c’est le résultat d’une forme d’égoïsme… de ce ‘après moi le déluge’. Par exemple, si nous savons que les pailles, les gobelets en plastique ou assiettes en polystyrène prennent des siècles à se désintégrer dans la nature, pourquoi ne pas les refuser? Pourquoi toujours les utiliser? Pourquoi ne pas arrêter d’acheter des bouteilles d’eau? Pourquoi ne pas porter nos propres conteneurs quand nous allons prendre un ‘take-away’, pourquoi toujours accepter ces sacs en plastique ici et là, alors que nous avons tous les moyens de nous en passer?

C’est une question de responsabilité. Quelque chose que peu d’entre nous possèdent lorsqu’il s’agit de responsabilité vis-à-vis de la nature et de la planète. Auparavant, on avait des marchands de lait, des marchands de pain, des marchands de tout et de rien qui nous vendaient leurs produits dans des emballages réutilisables. De la paire de “dal pouri” dans un papier journal au cornet pistache dans la ruelle du coin. Les “laboutik sinwa” nous empaquetaient tout de façon écolo… même nos chopines de boisson gazeuse que nous pouvions ramener pour la précieuse roupie et quelques. Et pour tellement d’entre nous, ses souvenirs sont encore tellement frais…

Mais nous insistons sur un mode de vie plastique. Nous ne nous soucions pas de son impact. Pour nous, la Journée de l’Environnement sera l’occasion d’ajouter un logo à notre photo de profil sur Facebook, signer une pétition ou s’embarquer dans une ‘marche’ ou une ‘lutte’. Dès le 6 juin, le lendemain de notre énième journée mondiale… tout sera comme avant… plastique y compris!

Entre-temps, les animaux marins et autres continueront à avaler ces déchets plastiques qu’ils pensent être de la nourriture. Quelque 1,8 trillion de morceaux de plastique continueront à flotter dans nos océans. Une masse immense de plastique, de la taille de l’État du Texas, continuera à s’agrandir dans l’océan Pacifique… et l’Ile Henderson, isolée, disparaîtrait sous le mont de plastique qui la recouvre déjà.

Notre planète a 7 milliards d’habitants. Nous produisons 320 millions de tonnes de plastique chaque année, sois plus de 300 fois que dans les années 50. Entre 60 et 90% des débris maritimes proviennent du plastique… tels des couverts, des pailles ou encore des filets de pêche. Nous avons tous ces statistiques à portée de main, mais nous manquons souvent de bonne volonté. Nous choisissons la facilité au lieu du bien-être de notre planète dont nous faisons partie. Développer la conscience de notre consommation plastique serait le premier pas vers la réduction de ce fléau qui paraît insurmontable… et de la protection de notre Terre.