La Mauritius Marine Conservation Society (MMCS) mène actuellement une campagne de sensibilisation afin de prévenir les répercussions de la pollution sur la population marine dans les eaux mauriciennes. Rick Bonnier, chercheur et biologiste, évoque notamment l’affaiblissement génétique des cétacés. Si cette initiative visait dans un premier temps à un éveil de conscience des écoliers et les habitants de l’Ouest, la MMCS n’écarte pas la possibilité de porter son action dans l’est, le nord et le centre de l’île.
La pollution marine menace directement l’écosystème marin. Notant une hausse des activités sur nos côtes, ce qui entraîne, entre autres, le rejet d’un plus grand nombre de débris dans l’océan, la MMCS a décidé de prendre le taureau par les cornes en lançant une campagne de sensibilisation. Cette initiative touche tous les membres actifs de la région de l’ouest. Hormis les skippers qui ont bénéficié d’une formation sur le comportement des baleines à bosses afin de les protéger, la MMCS, par le biais de Rick Bonnier, chercheur et biologiste, espère alerter l’opinion publique sur la menace qui pèse sur les espèces marines. C’est sous sa supervision qu’un groupe de volontaires va à la rencontre des habitants et des écoliers pour mener à bien ce projet. Chamarel, Rivière-Noire, La Gaulette, Case-Noyale et Tamarin sont les premiers endroits touchés par cette campagne, qui dure deux semaines dans chaque institution, autour de deux thématiques. : l’écosystème marin et la sauvegarde de l’environnement, puis le comportement, la vie et l’évolution des cétacés. « J’explique aux enfants comment protéger chaque espèce marine en mettant l’emphase sur l’importance de les préserver dans leur milieu naturel afin de ne pas affecter l’écosystème marin. Parmi un des conseils que je leur donne, ne pas enlever les coraux de leur système naturel parce qu’ils nourrissent les poissons et que cela risque d’affecter toute la chaîne alimentaire marine ».
Si ce travail touche une grande partie des institutions scolaires de cette région, il sera bientôt étendu au nord, à l’est et au centre de l’île. « Nous avons eu un response positif face à ce premier travail sur le terrain. Nous sommes très satisfaits de la prise de conscience des habitants de ces régions et de leur engagements en faveur de l’environnement », dit-il. Un travail important qui au final, espère-t-il, permettra de prévenir un affaiblissement génétique des cétacés. « Les algues accumulent certains éléments polluants et une fois avalés, elles finissent dans l’estomac des mammifères marins… Tout cela est transmis aux plus petits notamment par le sperme du mâle ou par le lait de la femelle. Le jeune cétacé naît et grandit avec des caractéristiques génétiques fragiles », explique M. Bonnier. « C’est une chaîne qui a de nombreuses conséquences et c’est pour cela qu’il est important de s’attaquer au problème à sa racine à travers une campagne de sensibilisation que nous comptons étendre aux hôtels et aux autres régions du pays ». Pour notre interlocuteur, il est important de rencontrer les touristes et de leur expliquer le cycle de vie des animaux marins, principalement des cétacés et de leur faire comprendre comment profiter de nos lagons sans déranger les animaux. La MMCS, précise-t-il, ne demande pas l’arrêt du Dolphin Watching mais que ceux qui la pratiquent adoptent un meilleur comportement afin de ne pas porter préjudice aux animaux.