Deux mois après la pollution ayant causé la mort de milliers de poissons à Mer-Rouge, les pêcheurs de la région attendent toujours des directives des autorités concernant leur activité. L’endroit où ils s’approvisionnaient en appât étant complètement dévasté, ils se demandent comment ils font faire pour continuer à pêcher.
« Quand la vie va-t-elle revenir à Mer-Rouge ? Où irons-nous chercher des appâts entre temps ? L’eau est-elle toujours polluée ? » Autant de questions qui, selon les pêcheurs de Roche-Bois et de Baie-du-Tombeau, auraient dû être abordées par les autorités. Selon Emmanuel Jackson, l’un d’entre eux, de nombreux pêcheurs de la localité se retrouvent actuellement en difficultés à cause de cette situation. Qui plus est, les ministères de la Pêche et de la Santé avaient émis un communiqué conjoint, suite à la catastrophe de Mer-Rouge, pour déconseiller au public de consommer des poissons de la région. « Mais pour nous, qu’est-ce qui va se passer ? »
Ces pêcheurs disent attendre toujours une directive des autorités pour connaître la marche à suivre. Mer-Rouge est également le lieu où les pêcheurs de thon viennent découper et laver les poissons. « Est-ce que l’eau à cet endroit est propre ou est-elle toujours polluée ? Combien de temps cela va-t-il prendre avant que nous puissions reprendre notre activité normalement ? »
Le bassin de l’estuaire Terre-Rouge est le seul endroit où les pêcheurs de la région sont autorisés à capturer des petits poissons pour aller pêcher en haute mer. Ceux-ci disent rencontrer beaucoup de difficultés depuis la catastrophe. Emmanuel Jackson rappelle que ce n’est pas la première fois que la région est ainsi touchée. « C’est la quatrième fois depuis ces dernières années que la pollution tue des poissons à Mer-Rouge. Cette fois, c’est beaucoup plus grave que les précédentes. Nous ne tolérerons plus cette situation. »
Les pêcheurs regrettent que cette pollution soit toujours impunie, alors même que les lois ont été renforcées et qu’il y a une campagne pour décourager la pollution en jetant des déchets n’importe ou. « On dit to zete to tase, est-ce ça s’applique uniquement au ti dimounn ? » se demandent-ils.
De son côté, le Syndicat des pêcheurs dit attendre que le ministère de l’Environnement prenne des sanctions, après que la présence de produits chimiques dans l’eau eut été confirmée.