La récolte de pomme de terre, qui débute début juillet au plus tard, devrait atteindre les 17 000 à 18 000 tonnes, selon le Food and Agricultural Research and Extension Institute (FAREI). Or, la demande nationale pour ce féculent est de 25 000 tonnes annuellement.
« Maurice est autosuffisante en pomme de terre à 76 %. Le reste est importé de l’étranger », indique le directeur du FAREI, Ramesh Rajcoomar. Selon lui, parmi les contraintes qui empêchent l’autosuffisance complète, on note d’abord un manque de moyens de stockage. Les planteurs, poursuit Ramesh Rajcoomar, n’obtiennent pas de terres des établissements sucriers à temps. De plus, le climat n’est parfois pas approprié à la culture.
« Ce n’est pas une mauvaise chose d’importer une certaine quantité de ce féculent annuellement car on ne peut le conserver trop longtemps », avance le directeur du FAREI. Si entre 300 et 400 planteurs sont engagés dans la culture de pomme de terre, dit-il, tous ne sont pas réguliers. « Après quelques années, certains font une pause et passent à d’autres cultures, avant de revenir par la suite à la pomme de terre ».
Selon le plan stratégique 2016/2020 lancé au début de 2016 (le troisième depuis 2008) par le ministère de l’Agro-industrie, la production agricole n’a pas connu de grandes améliorations ces dernières années. Ce plan stratégique à trois volets — économique, environnemental et social — vise à réduire le volume des importations de produits de base. Pour l’heure, l’autosuffisance du pays est de 76 % pour la pomme de terre, 40 % pour l’oignon, 18 % pour l’ail et 4 % pour le lait frais.
Le plan stratégique 2016/2020 souhaite également créer des opportunités pour la communauté agricole et des emplois pour les jeunes. L’accent est mis sur la modernisation des infrastructures agricoles ainsi que la sécurité alimentaire. La démarche vise à faire de Maurice un vaste chantier agricole « où on pourra produire en abondance et de manière intégrée ».