Le Mauritius Fire and Rescue Service (MFRS) Bill a été adopté hier par le parlement. Le ministre des Administrations régionales n’a pas caché sa fierté d’avoir présenté ce texte de loi, soit le deuxième plus important depuis son arrivée à ce ministère après la Local Government Act. Hervé Aimée a annoncé lors du résumé des débats que le ministère des Terres avait alloué un terrain de 16 arpents non loin de Jin Fei pour accueillir les locaux du nouveau MFRS et une MFRS Academy en vue de former non seulement des professionnels et volontaires mauriciens mais aussi ceux de la région.
Présentant le projet de loi hier, le ministre des Administrations régionales a indiqué qu’avec les changements que connaît le pays qu’il soit d’ordre climatique, de développement infrastructurel ou technologique, il est temps de changer l’appellation du Mauritius Fire Service (MFS) en Mauritius Fire and Rescue Service (MFRS) pour être conforme aux nouvelles exigences requises par les pompiers. L’ancienne loi datait de 1953, a-t-il rappelé, soulignant que la nouvelle vient consolider ce qui existait déjà à travers de nouvelles dispositions.
Hervé Aimée indique qu’un pompier est aujourd’hui appelé à intervenir dans tout cas d’urgence en sus de sa tâche première qui est d’éteindre le feu. Il a aussi rappelé les récentes inondations et l’accident meurtrier à Sorèze où les soldats du feu étaient à l’oeuvre pour aider les victimes. Maurice, souligne-t-il, compte neuf casernes de pompiers avec 650 officiers pour une population de 1,2 million, soit un ratio de 1 : 7200. Il affirme aussi que le service dispose 30 fire fighter engines et que l’équipe intervient en moyenne entre 5 000 à 6 000 fois par an pour des cas d’incendie et dans 2000 autres situations. Il n’a pas manqué de rappeler le numéro de la hotline qui est le 115.
Selon le ministre des Administrations régionales, le gouvernement a fait provision dans son programme d’un service moderne adapté avec son temps. C’est dans ce contexte que le nouveau texte de loi est présenté. Hervé Aimée indique que le service est appelé à travailler avec un grand nombre de départements gouvernementaux et semi-gouvernementaux, dont le port et l’aéroport. Les soldats du feu seront sollicités dans des cas extrêmes, soutient-il, rappelant la construction de nouvelles casernes à Tamarin, Montagne-Blanche et rose-Belle. « Celle de Tamarin sera inaugurée d’ici à trois mois. »
Le ministre a annoncé de l’acquisition d’un certain nombre d’équipements spécialisés par le service, dont cinq réservoirs pour un montant de Rs 16 millions en 2011. Il a aussi fait état de la décentralisation des services cette année et du recrutement de 83 officiers en janvier 2012. 37 nouvelles recrus sont en formation en ce moment, a-t-il précisé. Il a aussi noté les provisions du PRB.
Concernant les nouvelles dispositions de la loi, Hervé Aimée indique que les policiers auront l’obligation de soutenir les pompiers dans leurs tâches lorsqu’ils se trouvent sur un lieu d’opération et vice-versa. La police aura aussi désormais l’autonomie pour décider de la fermeture d’une rue en cas de nécessité selon les dispositions de la section (12) (3) et (4).
« Gouvernment project »
Prenant la parole, le député de l’opposition Deven Nagalingum a soutenu que la démarche et le texte de loi sont bien accueillis, mais a déploré « l’absence de consultations avec les parties concernées, dont les syndicats, sur les changements qui y sont apportés ». Il trouve que c’est un « gouvernment project », et non une vision à long terme de celui-ci. Il s’interroge aussi sur la formation des officiers. Selon lui, ils auraient dû avoir reçu une formation avant le changement de loi et « une autre pour intervenir en mer ou à l’aéroport ». « There was a need for skills and techniques prior to the introduction of the bill. »
Deven Nagalingum a aussi évoqué la nécessité d’avoir des équipements appropriés pour des interventions spécifiques. Il déplore l’achat de certains équipements dans le passé qui ne sont pas utilisés. Parmi : une échelle de 54 mètres et une plateforme au coût de Rs 29 millions. Parlant des accidents impliquant des véhicules du service, il estime que c’est le résultat d’un manque de formation appropriée aux officiers.
De son côté, le député Joe Lesjongard a déclaré que l’Opposition était d’accord avec le projet de loi sur le fond, mais avait des réserves sur la forme. Il a dans ce contexte pointé du doigt le manque d’équipements et de personnel et l’état de délabrement de l’actuel siège du MFS.
Répondant aux propos du ministre du Travail qui avait affirmé qu’aucune nouvelle caserne de pompiers n’a été construite entre 2000 et 2005, Joe Lesjongard a démontré que Shakeel Mohamed n’avait pas dit la vérité. Il devait préciser qu’une caserne avait été construite en 2005 à Triolet, la circonscription du Premier ministre Navin Ramgoolam, par le gouvernement MSM-MMM. Celui-ci avait cependant pris la décision de ne pas l’inaugurer à la veille des élections législatives. Or quelques jours, après le scrutin, c’est le nouveau gouvernement qui a procédé à son inauguration. Le député a aussi critiqué ce qu’il estime être l’« accaparement » des pouvoirs par le ministre et a estimé que le projet de loi pêche par un manque de concertation avec la société civile. À Shakeel Mohamed qui avait auparavant critiqué la remarque de Deven Navalingum concernant l’absence de consultation, M. Lesjongard a souligné l’importance de la société civile en rappelant que « c’est le public qui avait aidé son père à sortir de son véhicule lors des inondations du 30 mars dernier »
Francisco François a lui aussi reconnu l’importance MFRS Bill. Le député a cependant souligné un manque d’équipements et de personnel. Il a observé que les promesses budgétaires concernant les recrutements n’ont pas été respectés. Il s’est interrogé aussi sur le recrutement de volontaires et s’est demandé sur quels critères ils sont sélectionnés et s’ils sont des employés d’une entreprise qu’est-ce prévoit la loi pour les permettre de se libérer en cas de besoin. Il a aussi parlé de la situation à Rodrigues et de l’importance de la formation pour faire face à des situations extrêmes comme les tremblements de terre, tsunamis et actes de terrorisme. Il a aussi souligné d’inclure les ONG engagées dans le secourisme et de leur dispenser les formations nécessaires.
Le ministre du Business et des Entreprises Jim Seetaram est également intervenu pour soutenir le texte de loi qui a été adopté en troisième lecture hier. L’Attorney General Yatin Varma a quant à lui annoncé qu’il ne comptait pas présenter un texte de loi figurant à son nom durant la séance d’hier. Les travaux parlementaires ont été ajournés à la semaine prochaine.