Et si un feu de forêt se déclarait au Morne ? C’est pour répondre à cette question qu’une simulation d’incendie a été organisée par la Government Fire Services mercredi sur le site, patrimoine mondial de l’humanité. Objectif : mettre à l’épreuve les procédures de sauvetage et de maîtrise de ce genre de sinistres.
Un appel est enregistré à la salle de contrôle des pompiers à 9 h 06 : un incendie vient d’éclater dans la forêt du Morne. À la caserne de St-Aubin, c’est le branle-bas de combat. Il est 9 h 38 lorsque les soldats du feu arrivent sur les lieux. L’incendie menace la forêt de ce site culturel. La météo n’est pas idéale. Des vents violents soufflent sur la région. L’incendie se propage rapidement. Sans compter la sécheresse, qui n’arrange rien à l’affaire. Il faut intervenir, et intervenir vite.
S’il ne s’agit que d’un scénario fictif, digne d’un film catastrophe, l’intervention, elle, est bien réelle. A la tête des opérations : le Senior Station Officer Jugdish Kissona. Un premier constat permet aux pompiers de cerner les risques et les difficultés auxquelles ils pourraient être confrontés en cherchant à maîtriser l’incendie. Le sinistre imaginé ayant tendance à se propager, la première manoeuvre est de constituer un pare-feu (firebreak), autrement dit une sorte de barrière anti-incendie destinée à ralentir ou à bloquer le sinistre. Pour ce faire, les pompiers humidifient le périmètre de l’incendie afin de le freiner et qu’il ne menace pas davantage la région.
Il faut en effet savoir que les feux de forêts peuvent provoquer des dégâts considérables. Trois éléments sont déterminants à leur propagation : la température ambiante, l’humidité et la direction du vent. Des fragments de végétaux incandescents peuvent également être transportés par le vent sur plusieurs dizaines de mètres, créant d’autres foyers d’incendie.
Sur place, les pompiers – soutenus par les effectifs de la Special Mobile Force (SMF) – déploient leurs opérations de recherches et de sauvetage. Pour les besoins de la simulation, il a été décidé que le gardien, en cherchant à circonscrire lui même le feu, s’est évanouit. Il faut donc le localiser rapidement. Une fois fait, les pompiers doivent lui venir en aide en mettant en pratique les gestes de premiers secours qu’ils ont appris. Ce n’est qu’ensuite que la victime sera transportée sur une civière vers un lieu où elle sera en sécurité.
Les pompiers de Quatre-Bornes sont aussi venus renforcer l’équipe de St-Aubin. Au total, une trentaine d’officiers ont été mobilisés pour cette opération, qui aura duré environ trois heures. La police de Rivière-Noire a également été mandée sur les lieux. Quant au « feu de forêt », il a été circonscrit en utilisant l’eau des camions-citernes mais aussi celle pompée directement de la mer. Environ 250 mètres de tuyaux ont été déployés à cet effet de la plage publique du Morne jusqu’au site sinistré. Pour parvenir à pomper l’eau de mer, les pompiers ont eu recours à des pompes flottantes ainsi que des pompes portables.
Cet exercice de simulation figure dans le programme de formation continue des pompiers, mis sur pieds par le Divisional Fire Officer Dorsami Ayacooty. Ces opérations permettent de simuler différentes situations catastrophes, comme des glissements de terrain ou encore des incendies nécessitant, sécheresse aidant, de pomper de l’eau dans des rivières ou directement dans la mer. Ces exercices se poursuivent pour les différentes casernes de pompiers à travers l’île.
La simulation a coïncidé avec la tenue d’un atelier de travail sur le Risk Preparedness, qui prend fin aujourd’hui. Quatorze participants africains du Center For Heritage Development in Africa ont assisté à la simulation. Ces derniers se sont dit « impressionnés » par les mesures que les sapeurs-pompiers entreprennent pour gérer certaines catastrophes.