Poornimah Sookun-Teeluckdharry a été élue présidente de la Arya Yuvak Sangh (MAYS), l’aile jeune de l’Arya Sabha Mauritius récemment. Cette organisation existe depuis une centaine d’années. L’aile jeune a célébré ses vingt ans le 15 août dernier. Sa présidente revient sur la déclaration du Président de la République, ce jour là ainsi que sur les projets de MAYS.
Vous venez d’être élue à la présidence de l’aile jeune de l’Arya Sabha. Quels sont les objectifs de cette aile jeune ?
Les objectifs de l’aile jeune de l’Arya Sabha consistent à assurer la formation des membres en vue de refaire leur character building permettant d’atteindre le plus haut niveau possible de social focus. Nous voulons inculquer chez les jeunes une résistance forte et honnête contre toute discrimination ethnique ou communale et surtout le castéisme qu’on n’a pas suffisamment évoqué dans le passé.
Nous mettons déjà en oeuvre un plan d’action dans différentes régions de notre petite île avec des ateliers de travail et des activités diverses. Nous voulons également développer très rapidement des méthodes efficaces de manière à préparer les jeunes aux entretiens d’embauche. Des cours d’art culinaire à leur intention ainsi que des sessions de formation pour les fiancés et les jeunes couples sont également prévus. Éveiller le sens des responsabilités chez les jeunes avant qu’ils ne fondent une famille constitue une de nos priorités. Nous encourageons aussi les jeunes à se familiariser avec les techniques de méditation qui est un moyen naturel pour augmenter la concentration mentale et physique. Elle pourrait aider les étudiants dans leurs études ou même dans le sport. Nous constatons avec beaucoup de regret que la participation des Mauriciens aux Jeux Olympiques 2012 est relativement faible.
Cette aile jeune a-t-elle un but religieux ou social ?
Elle a un but social en se fondant sur des principes de base les plus anciens du monde : les Vedas. Il faut noter que seulement l’Arya Sabha de Maurice est relié au vrai Arya Samaj de l’Inde qui compte près de 450 branches à travers le pays. I cannot emphasise enough that our aims and goals are not simply to achieve Moksha for the spiritual self alone but in fact we are duty bound to bring about equality and fairness in the society. It is a fact that Arya Sabha has historically always adopted the leading task to be at the forefront of challenging discrimination such as caste or otherwise in order to integrate people of the wider section of the communities and so from all walks of life. L’Arya Sabha a toujours eu le soutien des grandes personnalités diverses en tant que membres de longue date telles que Sir Satcam Boolell QC, Sir Robin Ghurburrun QC et Moonindranath Varma, le père de l’Attorney General Yatin Varma, et écrivain, ainsi que des membres de la famille Mohit…
Quelles sont les activités organisées par l’aile jeune ?
Nous avons déjà organisé plusieurs ateliers de travail autour du livre de Maha Rishi Swami Dayanand, The Light of Truth. Cet ouvrage est à la base de toutes les Constitutions des pays démocratiques. Les principes qui y sont énoncés sont non seulement universels mais aussi en mesure d’émerveiller les hommes de loi, sociologues et universitaires entre autres. Par exemple, la grande question qui préoccupe toujours les Mauriciens : “What is a good Government ?”
En tant que nouvelle présidente de l’organisation avez-vous une stratégie spécifique ?
Tout d’abord, je m’inspire de la stratégie d’Indira Gandhi puis je viens de l’avant avec la mienne en tant qu’avocate et lauréate au barreau mauricien, mais surtout en tant que première femme-présidente pour MAYS qui existe depuis plus de 20 ans sous l’égide de l’Arya Sabha, qui a 109 ans déjà. Notre société connaît de sérieux problèmes comme le suicide parmi les jeunes, l’augmentation des familles déchirées, le divorce… Il faut qu’on évolue avec de nouvelles pensées afin de préparer l’avenir de notre jolie petite île. J’adhère totalement à l’affirmation de Martin Luther King : “I have a dream today.”
L’organisation vient de fêter ses 20 ans. Quel bilan fait-elle de ces deux décennies ?
MAYS existait déjà depuis 1968 mais officiellement elle a été fondée le 15 août 1992. Ses 20 années nous démontrent plutôt le grand succès d’une éducation continue et culturelle des jeunes membres de MAYS. Pour l’aile jeune, notre défi constant consiste à recruter des jeunes car ceux qui y sont grandissent, partent pour l’étranger, fondent leur famille. Nous voulons les regrouper de manière à continuer leur éducation et leur montrer la voie susceptible de relever les grands défis de la société. La présence de près de 800 jeunes le 15 août dernier lors de notre défilé et notre fête confirme que les jeunes et leurs parents apprécient ce qu’on fait.
Que pensez-vous des problèmes évoqués par le président de la République lors de son intervention le 15 août ?
Les problèmes de la société évoluent toujours avec le temps. Ils nous préoccupent car on ne peut cohabiter paisiblement si on ne les résout pas. Les problèmes liés à une mauvaise utilisation des réseaux sociaux ne sont pas exactement nouveaux – c’est le réseau social qui est nouveau offrant une liberté indéfinie aux jeunes et c’est ce qu’ils apprécient. Mais dans la mesure où il existe un cadre légal et que les conséquences peuvent être graves pour ceux qui l’enfreignent, les appels pour prendre davantage de précautions sont plus que nécessaires car on sait que « ignorance of the law is no excuse ». Par ailleurs, nous vivons dans une société multireligieuse et multiconfessionnelle où hindous, musulmans, chinois, tamouls ou chrétiens cohabitent. L’appartenance à ces différentes religions requiert le respect des autres. Il faut pouvoir créer le sens d’appartenance au mauricianisme plus que jamais. Le président de la République était mieux placé pour lancer cet appel de portée nationale. MAYS est fière que Kailash Purryag ait consacré sa première sortie officielle aux jeunes du pays, leur faisant part de ses espoirs et de ses préoccupations avant de leur prodiguer quelques conseils.
Le président de la République a estimé que la hausse du nombre de divorces constitue un problème pour la société. Est-ce le cas ?
Le président de la République a fait ressortir que cette hausse du nombre de divorces, selon les statistiques, est alarmante. En tant que praticienne avocate, je considère que cette hausse constitue un problème pour la société car ce sont les enfants qui souffrent le plus de la séparation des parents. Cette situation ne peut pas nous laisser insensibles ; elle nous interpelle. Elle démontre aussi que le mariage est banalisé alors qu’auparavant c’était un lien sacré, le noyau dur de la société. C’est au sein de la famille que les enfants développent une vie harmonieuse… Malheureusement, il existe des conflits de toutes sortes dans des couples. Certains conjoints sont sans scrupules. Les conflits entre les nouveaux couples et leur belle famille sont de plus en plus observés qu’on soit riche ou pauvre, très éduqués ou pas.
Avant que le divorce ne soit prononcé, certains partenaires s’engagent dans de nouvelles relations et les femmes en sont souvent les grandes perdantes. Qu’en pensez-vous ?
C’est vrai. Il existe des cas où dès que l’enfant naît, le père est déjà dans les bras d’une autre. La procédure de divorce est alors entamée et le second mariage est engagé comme si de rien n’était… Cette situation est fréquente de nos jours. Et les pauvres enfants dans tout ça ! On constate dans ces cas que la première femme s’est fait piéger. C’est la seconde femme qui devient un instrument et projette l’image qu’effectivement les femmes sont une commodité. Le message est implicite : “utilise-moi pour remplacer l’autre…”. L’heure est venue pour développer une self-regulation dans notre société car malgré l’éducation, il y a beaucoup d’hypocrisie et très peu de compassion.
On parle beaucoup de la place de la femme dans la société et en politique. Qu’en pensez-vous ?
Je m’adresse surtout aux hommes pour leur dire qu’il ne faut jamais oublier que des femmes comme Margaret Thatcher et Indira Gandhi entre autres ont marqué l’histoire en tant que Premier ministre. La femme a la compétence nécessaire pour être non seulement à la maison mais aussi en politique. On observe que certaines femmes sont à la tête des plus grandes institutions dans le monde. Ce n’est pas un hasard si la statue de la Justice est représentée par une femme aux yeux bandés, symbole de l’impartialité et de l’égalité, source d’inspiration pour les hommes de loi. La question que vous posez reflète malheureusement la réalité que nous vivons dans une société où après 44 ans d’indépendance, il n’y a toujours pas de femme au poste de Premier ministre ou même en tant que Senior Counsel au Barreau mauricien…