Lors d’une activité en marge de la célébration de la Journée mondiale de la Population le 11 juillet, la directrice exécutive de la Mauritius Family Planning and Welfare Association (MFPWA), Vidya Charan, a déclaré hier à Phoenix, en citant le Fonds des Nations Unies pour la Population (FNUAP), que « protéger la vie d’une femme est une priorité en toutes les circonstances et en tout temps ».
Selon elle, que les femmes soient jeunes ou vieilles elles sont des signes de la vie et la continuité de l’humanité. « Je le dis à toutes les occasions : la femme est comparable à un laboratoire car elle donne la vie. Environ 50% de la population mondiale est constituée des femmes, lequelles font partie des groupes vulnérables de la société. Cela nous interpelle car nous avons besoin de les aider pour quelles puissent développer la résilience dans n’importe quelle situation, particulièrement durant les catastrophes qui peuvent affecter leur vie », a-t-elle dit. Elle a fait ressortir que 60 millions de personnes de par le monde étant obligées de quitter leur pays pour trouver une terre d’asile sont des femmes, des jeunes filles et de femmes âgées.
Vidya Charan a rappelé à son auditoire qu’environ15 millions de jeunes filles âgées de 15 à 19 ans donnent naissance chaque année. A Maurice, ce taux est de 10%. « Nous avons aussi enregistré plus de 200 cas d’abus sexuels parmi les enfants de janvier à mai 2015 et, de ce nombre, 80 cas de grossesse précoces.  Enormément de femmes dans le monde ont recours à l’avortement et le nombre de cas à Maurice, que ce soit spontané ou provoqué, est toujours en hausse », a-t-elle indiqué. Citant d’autres chiffres, la directrice exécutive de la MFPWA a souligné que 225 millions de femmes n’ont pas accès à des moyens de contraception dans le monde. « A Maurice, bien quil existe un service de planification familiale efficace, nous avons toujours des femmes avec un taux de fertilité très élevé. Cette catégorie de femmes reste plus vulnérable dans la société », a-t-elle fait ressortir.
Selon elle, la planification familiale représente un élément crucial pour atteindre l’égalité, l’équité et l’autonomisation de la femme en vue de réduire la pauvreté. Mais, a-t-elle ajouté, « il existe un paradoxe à Maurice qui fait que le taux de fertilité a baissé depuis 2002, démontrant que les couples ont moins de deux enfants par famille, mais que, par contre, certaines femmes ont entre quatre et cinq enfants tout en vivant dans des milieux défavorables en termes de logement et d’environnement, où elles mêmes ainsi que leurs enfants puissent s’épanouir sainement. » Selon elle, certaines femmes peuvent devenir vulnérables lorsqu’elles se retrouvent dans de telles situations, surtout si elles sont victimes de violences.  « La violence domestique est une réalité dans la société mauricienne », a-t-elle déclaré, avant d’affirmer que les femmes doivent s’armer pour développer la résilience pour qu’il y ait une bonne gestion de leur santé sexuelle et reproductive, de même que pour qu’elles puissent se protéger contre les abus.