La volonté des autorités mauriciennes d’aider les éleveurs de porcs locaux va, s’il n’est pas revu, déstabiliser le marché de l’importation de produits haut de gamme et, par ricochet, l’industrie touristique. C’est en tout cas ce qu’affirment les importateurs.
Depuis quelque temps, plusieurs ministres et responsables de corps para étatiques ont annoncé l’intention du gouvernement d’aider les éleveurs de porc locaux. dans le cadre de cette politique, le ministère de l’Agro-industrie a fait parvenir une lettre aux importateurs de produits porcins en juin pour leur demander d’utiliser, dans la mesure du possible, le porc local. Les importateurs se disent prêts à soutenir cette démarche mais soulignent qu’ils importent surtout des produits de porc haut de gamme et d’une réputation internationale qui n’a pas d’équivalent à Maurice. Parmi, il faut citer les jambons de Parme et de Bayonne ainsi que toute une gamme de charcuterie produite en France, en Italie et en Espagne. Ces produits alimentent les centres commerciaux et surtout l’industrie hôtelière et les restaurants, en particulier pour les fêtes de fin d’année. 
L’importation de ces produits haut de gamme est un secteur qui pèse plusieurs dizaines de tonnes d’une valeur de plusieurs centaines de millions de roupies par an, et le secteur emploie plusieurs centaines de personnes. Depuis quelque temps, les permis d’importation pour ce genre de produits ne sont plus accordés par les services du ministère de l’Agro-industrie où les quotas sont drastiquement réduits. C’est ainsi qu’un permis d’importation de 3 000 kilos a été réduit à seulement 500 kilos. Ces refus et ces réductions des commandes commencent à inquiéter les importateurs et les hôteliers en cette période où les menus de fin d’année ont déjà été vendus. Les importateurs soulignent qu’ils ne sont en aucune manière concurrents des éleveurs de porcs locaux dans la mesure où ils commercialisent des produits exclusifs qui ne peuvent pas être produits à Maurice.
La question est de savoir si pour tenter de protéger les éleveurs de porcs locaux le gouvernement va prendre le risque de déstabiliser le secteur des importateurs et, par ricochet, celui du tourisme qui connaît de sérieux problèmes découlant de la crise économique mondiale. Cette question fera sans doute partie de celles qui seront posées à la rentrée parlementaire.