Sous des airs de calme apparent, la tension grouille dans le port aussi bien qu’au Central Electricity Board (CEB) en ce début d’année. Dans le port, le projet de partenariat stratégique avec Dubai Ports World fait apparaître des signes évidents de crispation sur le plan des relations industrielles. Au CEB, le feu vert de la Banque africaine de Développement (BAD) en faveur de BWSC pour l’allocation du contrat de réhabilitation de la centrale thermique de Saint-Louis au coût de Rs 4,3 milliards n’a nullement atténué les risques de délestage avec la demande en hausse pour l’électricité avec la reprise des activités.
Toutefois, en ce début d’année, la guerre de tranchées engagée par la Port-Louis Maritime Employees Association, syndicat regroupant des travailleurs portuaires et la direction générale de la Cargo Handling Corporation Ltd, fait suite à des informations relatives à la venue de Dubai Ports Authority. Commentant ce développement, Ashok Subron, animateur de la PLMEA et de la General Workers Federation, fait état des craintes des employés pour leur avenir.
“Avec la tentative de certains au gouvernement de vendre la CHCL et de privatiser les activités portuaires à Maurice, il y a une menace réelle sur la sécurité intérieure du pays aussi bien qu’une menace de détérioration des conditions d’emploi à Maurice. La menace est encore plus grande pour les consommateurs et l’économie en prévision de la révision à la hausse du fret maritime exigée par les patrons de DP World”, déclare Ashok Subron en tirant la sonnette d’alarme.
Le négociateur de la PLMEA conteste la thèse de la création d’emplois avec le partenariat de Dubai Ports World dans le port. “Me zot pa pe dir laverite a lepep Moris, lor ki kalite lanplwa DP World pu kre? Laverite seki lanplwa ki zot pe kre dan Jin Fei ek port de Peche, se lanplwa preker-zurnalye, kuma ti ekziste dan lepok kolonyal dan sekter portyer”, soutient-il.
S’appuyant sur ce qui s’est passé à la veille de Noël et du Nouvel An dans le port, le syndicaliste fait état de ses préoccupations devant les tentatives de la direction de la CHCL pour miner les droits des employés. Pour 2016, la PLMEA se prépare à livrer bataille sur tous les fronts contre la privatisation du port, car “li dan ADN istorik lepep moris pu defann farusman so lindepandans ek so kondisyon travay. Travayer lepor ena enn listwar de konba kid at depi lepok Emmanuel Anquetil”.
Au CEB, la course contre la montre pour éviter le Black-Out annoncé à partir de l’année prochaine est enclenchée. A la fin de la première semaine de janvier, la BAD a agréé à la demande de financer le contrat de Rs 4,3 milliards alloué à BWSC pour l’installation de quatre turbines de 15 MW chacune, qui devront être opérationnelles après juillet 2017.
Avec la Notice of Award du CEB transmis à la BWSC ces jours-ci, une condition préalable doit être respectée, à savoir la confirmation n’interviendra que s’il n’y a pas de contestation de la part des autres soumissionnaires. Or, l’une des firmes écartées de l’exercice par le Valuation Committee du CEB, a déjà signifié son intention de protester contre le choix de BSWC. Les procédures ont déjà été enclenchées et avec un recours à l’Independent Review Panel, il faudra prévoir un nouveau délai jusqu’au mois de mars au minimum.
Dans l’immédiat, le Focus au CEB porte sur la demande en énergie électrique d’ici la fin de janvier prochain. La préoccupation majeure porte sur des effets conjugués de la reprise des activités économiques dans le pays et la chaleur en cette période estivale et au CEB on veut éviter à tout prix une répétition de ce qui s’est passé les 7 et 8 janvier 2005 où un Black-Out avait affecté 80% du pays à des heures de pointe dans la soirée…