S’ils n’étaient qu’environ 400 personnes à avoir répondu à l’appel du “Fron Komun kont l’Ogmantasion Prix L’essans ek Diezel”, l’enthousiasme y était néanmoins. En effet, après avoir longé la rue Pope Hennessy à partir du Champ de Mars, les manifestants ont forcé un barrage policier au niveau de la rue Mallefille, devant l’Assemblée nationale, pour venir faire un “sit-in” de quelques minutes devant le Prime Minister’s Office (PMO), avant de poursuivre leur route jusqu’au Jardin de la Compagnie. Mais leur tentative d’occuper la Place Bissoondoyal n’a cependant pas abouti, sous une résistance farouche des policiers.
C’est en brandissant des pancartes et autres banderoles avec des slogans hostiles au gouvernement que les manifestants ont débuté leur marche vers 14h45 au Champs de Mars. À leur tête, les principaux dirigeants des partis politiques de l’opposition – Alan Ganoo (Mouvement Patriotique), Patrick Assirvaden et Arvin Boolell (Ptr), Mamade Khodabaccus (PMSD) et Ajay Guness (MMM), entre autres – se tenant derrière la banderole principale, portant le slogan « Prix Ogmantasyon lessence ek diesel bizin annuler ». Ils étaient précédés d’une camionnette diffusant à tue-tête des slogans antigouvernementaux, laquelle était elle-même précédée de motocyclistes klaxonnant de façon continue.
À hauteur de l’Assemblée nationale, la police avait installé un barrage pour obliger le cortège à emprunter la rue Mallefille, épargnant ainsi le bureau du Premier ministre (PMO). Mais arrivé à la hauteur de la rue Mallefille, les manifestants, avec les dirigeants précités à leur tête, ont forcé le barrage et sont venus s’asseoir sur l’asphalte devant le PMO, scandant des slogans hostiles.
Si les manifestants ne sont pas restés longtemps assis dans la rue devant le PMO, ils ont tenté de bifurquer à droite pour aller occuper la Place Bissoondoyal, devant l’hôtel du gouvernement. La police a alors fait preuve d’une farouche résistance et a réussi à les repousser et les canaliser vers le Jardin de la Compagnie, à gauche. Juchés sur la camionnette, les dirigeants des quatre partis concernés ont tour à tour fait un petit discours de remerciement. Alan Ganoo a rappelé que le gouvernement « engrange au total Rs 2,4 milliards grâce à une taxe de Rs 4 perçue » sur chaque litre d’essence et de diesel. « Pa kapav aksepte enn lot ogmentasion ankor ! » s’est-il indigné avant de rappeler que cette manifestation est apolique. « Nou zis la pou dir non sa kalite dominer-la ! » a-t-il insisté. Et de plaider pour « l’unité » de la population « kont dominer ki governma pe fer ».
« Pei pe pass par bann moman difisil, nou PM an lair dan Rodrigues pe fer tirolienn », a ricané pour sa part le président du PTr, Patrick Assirvaden. Arvin Boolell s’est, lui, félicité de cette mobilisation de l’opposition. « Lopozision, bann force viv, apele a azir kouma enn ranpar kon bann tantativ diktatur gouverma », a-t-il ajouté.
Le secrétaire général du MMM, Ajay Guness, a rappelé que l’opposition avait présenté il y a trois mois une motion de censure contre une augmentation du prix des carburants. « Trwa mwa apre, gouvernma impoz enn deziem ogmantasion », s’est-il indigné. « Kan nou santi ki lepep pe apovri, nou pou zwin ansam, marie pike pou defan lintere lepep », a-t-il martelé.
Le président du PMSD, le Dr Mamad Khodabaccus, a pour sa part affirmé que le gouvernement « porte malheur » à la population. « Se enn gouverma malediksion. Bizin pran baton pignondain fer li ale ! » a-t-il lancé. Les différents orateurs ont été unanimes à réclamer des élections générales anticipées. À noter que les leaders de ces partis – Navin Ramgoolam, Xavier-Luc Duval et Paul Bérenger – n’étaient pas présents.