Depuis aujourd’hui, aucun marchand ambulant n’est autorisé à opérer dans les rues de capitale, faisant ainsi suite au mot d’ordre lancé la semaine dernière par les autorités. Depuis 5 h ce matin, différentes unités de la police étaient en effet présentes sur le terrain pour s’assurer qu’aucun colporteur n’installe ses échoppes et marchandises dans les rues de Port-Louis, où il existe depuis plusieurs années déjà une interdiction légale formelle pour les marchands ambulants d’opérer dans un rayon de 500 mètres autour du marché central.
Après un premier délai fixé à début mars pour reloger les colporteurs de la capitale, la directive lancée par les autorités la semaine dernière, à savoir du ministère des Collectivités locales et de la mairie de Port-Louis, est de ne plus permettre aucun commerce illégal, interdisant ainsi aux marchands ambulants d’opérer dans les rues de la capitale à l’exception des endroits prévus à cet effet, soit à Decaen (Gare Victoria) et Place de l’Immigration. Selon la directive, les marchands ambulants devaient en effet commencer à occuper ces deux sites, et ce conformément au plan de relogement mis en place pour les colporteurs, qui consiste d’une part à faire respecter le jugement de la Cour suprême d’interdire les colporteurs dans un rayon de 500 mètres du marché central et, d’autre part, à libérer les rues de Port-Louis de ce fléau.
Depuis 5 h ce matin, les effectifs de la police ont ainsi été déployés stratégiquement dans les rues et les points habituellement occupés par les marchands ambulants. Objectif : sommer les colporteurs de ne pas travailler. Il faut dire que la forte présence policière dans les rues de Port-Louis a eu un effet dissuasif sur les marchands ambulants qui? selon une source policière, n’ont pas montré une grande résistance à se plier aux ordres, sous peine de voir leurs marchandises saisies. Aucun incident n’a été déploré non plus, dit cette source policière.
L’opération, orchestrée depuis plusieurs semaines déjà, a mobilisé plusieurs dizaines de policiers et employés de la mairie dans plusieurs rues de Port-Louis jusqu’à la route Arsenal. Rue Farquhar, près du marché central, des inspecteurs municipaux veillent au grain. Des fourgonnettes de la police sillonnent aussi les rues afin de veiller au grain. Dans les jours qui viennent, la police continuera à procéder à des patrouilles et à saisir les articles de ceux qui persisteront à opérer dans les zones interdites.
Du côté des colporteurs, ce lundi aura donc été une journée d’inactivité. Aux carrefours, certains se rassemblaient pour commenter la situation, l’air désoeuvré. Mais la plupart d’entre eux se sont regroupés Place Decaen, où ils ont exprimé leur mécontentement. Les porte-parole et dirigeants du Front commun des marchands ambulants ont improvisé un meeting public ce matin. « La journée d’aujourd’hui sera longue et chargée », devait faire comprendre Hyder Raman, président du front. Tout en précisant qu’ils ne s’opposent pas au projet de relogement, les intervenants demandent cependant que soit rendue publique la liste des marchands ambulants ayant obtenu des étals à Decaen et Immigration dans le cadre du projet de relogement initié par la mairie. Le Front commun dit en effet soupçonner qu’il y a eu » maldonne » concernant cet exercice, énonçant le fait que 200 marchands ambulants « genuine » ne figureraient pas sur la liste et que 150 de ceux ayant reçu des étals ne seraient pas des marchands ambulants de la capitale et que des étals auraient été alloués à des « petits copains ».  Rappelant la « promesse » des politiciens faites à leur encontre concernant des foires « décentes », les marchands ambulants ont fait comprendre qu’ils ne comptaient pas rester les bras croisés.
Dans une déclaration au Mauricien, Hyder Raman affirme que le Front commun se prépare déjà à riposter. Il compte en effet entamer des actions juridiques à l’encontre de la municipalité. « Notre appel est tombé dans l’oreille de sourds. Nou kouma orfelin. Nou pena laport pou tape », dit-il. Et de poursuivre : « Zordi, rentre scoler, nou pe bizin travay pou nourri nou zanfan. Nou pe viv dan langwass. » Ce dernier déplore également le fait que la communauté des marchands ambulants n’ait pas été mise en présence du nouveau projet pour les nouvelles gares routières du Nord et du Sud qui, rappelons-le, devraient accueillir de nouveaux espaces commerciaux, un food-court ainsi que des espaces pour les marchands ambulants.