Le sacre de la première mairesse de Port-Louis est revenu hier à Dorine Chukowry. Contactée par Le Mauricien ce matin, cette dernière explique : « Tout le monde pense que ce job, c’est comme recevoir un titre. Moi, je le prends comme une responsabilité, un devoir de servir ma ville. Je ne veux pas que l’histoire se rappelle de moi comme de la première mairesse, mais plutôt comme celle qui a su apporter un changement positif à sa ville, quelqu’un qui a été à la hauteur de sa mission. » Dorine Chukowry a reçu le collier de maire des mains de Daniel Augustin, membre du conseil municipal de Port-Louis, et ce en présence de son leader, Paul Bérenger.
Voix enjouée, malgré la récente agression subie dernièrement, Dorine Chukowry – qui a frôlé la mort – se dit aujourd’hui « grandie ». Elle explique : « C’était un vrai traumatisme. Je n’ai toujours pas la mobilité de mon pouce. Même si on a retrouvé mes agresseurs, je trouve inadmissible qu’il n’y ait pas un système de sécurité et de vigilance dans certains endroits clés de Port-Louis. »
Se décrivant, Dorine Chukowry estime avant tout être une « femme timide ». La politique, elle y est entrée de manière naturelle. « Mon mari Vijay aimait la politique, et moi, je restais seule à la maison, avec mes enfants, à l’attendre. Je le suivais dans quelques soirées et c’est là où j’ai rencontré Paul Bérenger, qui m’a dit qu’il manquait de femmes dans la politique et m’a demandé si cela m’intéressait. J’ai répondu : “pourquoi pas !”. J’ai fait mes  preuves et, bien vite, j’y ai adhéré. Jusqu’à ma nomination comme mairesse. » Elle aura une pensée spéciale pour Paul Bérenger. « Je le remercie de m’avoir donné cette opportunité en tant que femme de faire mes preuves. Et je lui dis un grand merci d’avoir cru en moi. »
Dorine Chukowry, qui habite Port-Louis, est mieux placée que quiconque pour cette fonction, car connaissant parfaitement la ville où elle réside. Elle songe d’ailleurs à son prédécesseur, Aslam, qui, dit-elle, a aussi accompli sa mission. « Ma priorité est de rénover le théâtre de Port-Louis, qui est resté à l’abandon. C’est le premier dossier qui sera enclenché début janvier. »
En tant que femme, Dorine Chukowry veut apporter une “woman touch” et dit miser avant tout sur la propreté de l’environnement tout en revoyant également les systèmes de drains. « Je vais miser sur la qualité du travail en améliorant les services de voirie. Il y aura aussi la réhabilitation du jardin d’enfants, la construction d’un centre polyvalent à Plaine-verte, la construction d’un terrain synthétique à Vallée-Pitot… La municipalité de Port-Louis a été la première ville à distribuer 12 millions de poubelles. Il faudra aussi  améliorer l’état des trottoirs et des rues et revoir le système d’éclairage de la capitale. »
La mairesse a donc des projets pleins la tête. Mais ce qui la caractérise avant tout, c’est son professionnalisme et son ambition. « Je viens d’une famille modeste, avec un père ébéniste et une mère femme au foyer et machiniste. Ma mère a toujours voulu que j’étudie, ce que j’ai fait jusqu’à mon doctorat. La vraie richesse passe par l’éducation, c’est cela que je veux inculquer aux jeunes. » À quand un centre pour les femmes au Foyer ? Dorine Chukowry trouve que c’est une idée qui pourrait être mise à l’avant-plan. « Beaucoup de mamans n’ont pas eu cette chance d’apprendre à lire ou à écrire. Des grandes soeurs qui se sont sacrifiées pour faire grandir les petits. On essayera de trouver un endroit pour leur permettre de rattraper le temps perdu. J’en profite pour souhaiter une Bonne et heureuse année à tous les Mauriciens. Et je promets aux habitants de Port-Louis d’honorer cette confiance qu’ils ont placée en moi. »