Les commerçants de Port-Louis envisagent d’avoir recours à une action légale afin de réclamer des dommages à la municipalité de Port-Louis et à la police pour les pertes encourues ces dernières années sur leurs chiffres d’affaires suite à la prolifération de colporteurs dans la capitale. Le Front Commun des Commerçants de l’île Maurice (FCCM) consulte actuellement ses hommes de loi à cet effet.
La somme réclamée pour dommages encourus s’élève à Rs 100 millions. Ce chiffre, selon le président du FCCM, Raj Appadu, est en constante progression tous les mois. Ce recours souligne l’exacerbation des commerçants quant à la présence de marchands de rues dans des zones interdites. Insatisfait des actions prises par les autorités qui, selon elle, « ne vont pas jusqu’au bout de leurs actions », le FCCM se donne un délai d’une semaine pour voir des changements concrets sur le terrain. Depuis la semaine dernière, la police mène en effet des opérations, particulièrement rue Farquhar, pour décourager les marchands de rues. Mais force est de constater que des marchands illégaux continuent de vendre leurs produits sous le regard impuissant de policiers placés à moins de 5 mètres.
« Malgré la présence des policiers, les marchands ambulants continueront d’opérer alors que se trouvent des officiers en uniforme à quelques pas », s’insurge le président du FCCM. Il est catégorique : « La police doit faire son travail jusqu’au bout et les marchands ne peuvent être tolérés. La Cour suprême a clairement statué qu’il est interdit de vendre des articles illégaux dans un rayon de 500 mètres du marché central. » Le FCCM compte adresser une nouvelle correspondance au Commissaire de Police pour faire état de ses griefs suite à l’opération policière menée rue Farquhar.
Les commerçants et maraîchers sont mitigés depuis le début de l’opération policière. Ils se disent insatisfaits, souhaitant des actions plus concrètes et que la police sévisse sévèrement contre les colporteurs. Raj Appadu avance que les policiers devraient être en poste de l’ouverture à la fermeture des magasins. L’association des commerçants réclame également des mesures fortes et durables. « À quoi cela sert-il de saisir leurs articles si les marchands reviennent le lendemain ? » s’interroge Raj Appadu. Le FCCM propose d’autre part que la rue Farquhar soit ouverte à la circulation à sens unique (du nord au sud) aux autobus et aux autres véhicules pour combattre la présence des marchands de rues. Une lettre a été adressée en ce sens au ministre des Infrastructures publiques Nando Bodha, mais celle-ci est demeurée sans réponse.