« En vue d’éviter tout désaccord avec quelque parti, la mairie a décidé de transférer l’Esplanade des Droits humains au Jardin de la Compagnie », a affirmé le Lord maire Mamade Kodabaccus au Mauricien. Cette décision, qui souligne-t-il a été avalisée par le conseil vendredi, permettra à la société civile d’utiliser ce lieu pour ses activités.
« L’Esplanade des Droits humains, située devant la mairie de Port-Louis, est sollicitée par les associations pour leurs activités », affirme M. Kodabaccus. Mais les rassemblements qui s’y tiennent, dans la majorité des cas, perturbent le personnel de la municipalité. « Nous ne pouvons empêcher les activités des organisations mais nous ne pouvons pas non plus exposer la municipalité à une insécurité », explique-t-il. Interrogé hier par Le Mauricien, il s’expliquait sur les raisons pour lesquelles samedi soir, malgré l’autorisation de la mairie, les membres du Front Commun des Travailleurs Sociaux (FCTS) se sont retrouvés devant des portes fermées. Pour célébrer la Journée internationale de la Démocratie, ils avaient envisagé une manifestation pacifique en fin de journée dans la capitale prenant fin à la municipalité, devant l’Esplanade des Droits humains. Une veillée avec des animations, sous forme de plateforme où tout citoyen était appelé à s’exprimer, était prévue. « Une initiative qui avait d’abord essuyé le refus de la mairie mais qui après négociation a été autorisée à s’y poursuivre jusqu’à 21 h », soutient Eddy Sadien, membre du FCTS. Mais une fois sur place, les membres du FCTS ont constaté que les portes étaient fermées. « La municipalité a bafoué nos droits. C’est une autre preuve que la démocratie n’existe pas à Maurice », soutient notre interlocuteur. Répondant aux questions du Mauricien à ce sujet, le Lord maire a dit ne pas comprendre comment un tel incident a pu se produire. « Mo finn avoy enn let ofisiel pou fer FCTS kone ki minisipalite pe donn zot permision. Mo pou get dan komite ki finn arive », affirme-t-il. En attendant, le FCTS a porté plainte au poste de police de Pope Hennessy. D’autre part, M. Kodabaccus estime que le transfert de l’Esplanade des Droits humains à côté du kiosque du Jardin de la Compagnie permettra « à tous de s’exprimer sans pour autant déranger l’administration de la municipalité ».