Une manifestation de rastas, qui ont brûlé du gandia pour faire reconnaître leur culture, au Jardin de La Compagnie hier, a dégénéré dans l’après-midi après l’utilisation, par la police, de gaz lacrymogène afin de les disperser. La police a effectué 11 arrestations, avant de libérer huit personnes vers 18 heures hier. Tous comparaissent en cour aujourd’hui à 9 h.
Selven Govinden, porte-parole de CLAIM (Cannabis Legalisation and Informative Movement), explique au Mauricien qu’après qu’un des rastas a déposé une lettre au bureau du Premier ministre aux alentours de 14 h, réclamant une reconnaissance de la culture rastafari et son utilisation du gandia, la police a fait une descente au Jardin de La Compagnie. « Pourtant le matin, l’ADSU ti vini pas fine trap personne. Létan la police arrivé, zot truv ene plant gandia, zot tape enn coup pied là-dans. Tous rastas ti ensemble, li fine ale droit vers Wendy Ambroise pu amenn li l’ADSU ». Selven Govinden n’explique pas la décision de la police de cibler uniquement Wendy Ambroise. Devant les protestations des autres rastas, des policiers devaient faire usage de gaz lacrymogène, dont les émanations ont atteint le bébé de Wendy Ambroise, qui n’a pas encore un an, de même que sa femme. « Le bébé a dû être conduit en urgence à l’hôpital, avec sa mère », poursuit notre interlocuteur. Tous deux en sont sortis dans l’après-midi, sans séquelles.
L’ADSU a également arrêté Regan Chutoo et Yannick François, qui objectaient fermement à l’arrestation de Wendy Ambroise. Tous trois ont passé la nuit en cellule. Huit autres rastas ont également été arrêtés par la police, mais libérés plus tard, à 18 heures. L’un d’eux portait des griffures dans le dos, un autre un oeil au beurre noir. « On était une centaine à nous mobiliser et à faire bloc pour aller manifester devant les Line Barracks pour protester contre ces arrestations arbitraires. La police a battu à coups de matraque et coups de pied toute personne apportant une quelconque résistance. La police n’a fait aucune différence entre hommes, femmes, même les dreadlocks d’un rasta ont été arrachés. C’était révoltant ». Selven Govinden indique qu’ils ont retenu les services de Dev Ramano, avocat : « Li finn bizin atane plis ki 45 minit, après officiers l’ADSU dir ki Wendy, Regan et Yannick dir zot pas lé avocat. Nu pane fine truv zot, pas kone ki vrai, ki fausse ». Regan Chutoo, Yannick François et Wendy Ambroise et les huit autres rastas arrêtés hier doivent comparaître en Cour ce matin à 9 h sous une accusation de trouble à l’ordre public.