Pour faire entendre ses revendications devant l’absence de mesures fortes par les autorités concernant le dossier des marchands ambulants, un groupe de maraîchers du Marché central s’apprête à descendre dans la rue bientôt. Ils se concertent actuellement dans la perspective d’un important dénouement attendu en début de semaine prochaine, à savoir un jugement dans une affaire logée en Cour suprême par la Market Traders Association (MTA) pour non-respect d’un accord agréé entre les différentes parties remontant au 16 août dernier en Cour de médiation. Le tout ayant trait au jugement rendu par la première instance juridique du pays en août 2012 interdisant les marchands ambulants de toute activité commerciale dans un rayon de 500 mètres autour du Marché central.
« Il n’y a plus aucun contrôle de la part d’une quelconque autorité et aucun ordre ne règne dans la capitale. Nous avions fait confiance au nouveau commissaire de police et au nouveau gouvernement qui avaient promis de régler le problème des marchands illégaux mais aujourd’hui l’on constate que le nombre a augmenté aux abords du Marché central. Y compris ceux qui vendent des fruits et légumes à la rue Farquhar et à la rue La Reine », dénonce une fois de plus Isoop Soobedur, président de la MTA. Cette concurrence déloyale a un impact sur les recettes des maraîchers, explique notre interlocuteur. Les recettes, poursuit-il, ne sont guère encourageantes malgré une première baisse des prix des légumes depuis la flambée des prix due aux grosses averses en début d’année. « Les gens préfèrent acheter sur le chemin au plus grand bonheur des marchands illégaux qui n’ont à s’acquitter d’aucun frais alors que nous, marchands, nous sommes enregistrés et payons une location mensuelle pour les étals au marché de Port-Louis », fait remarquer le président de l’association des maraîchers. Arrivant à peine à sortir la tête de l’eau depuis la hausse des prix des légumes en début d’année et qui a duré pendant des mois, les maraîchers, explique-t-il, avaient fait une demande auprès du ministère des Finances pour des facilités d’emprunt pour les aider à relancer leurs activités dues aux conséquences de la flambée des prix. Cette demande, selon Isoop Soobedur, serait restée vaine.
Rappelons également que la MTA et la Taxi Proprietors’ Union, à travers leur homme de loi, ont servi, le 23 novembre 2012, une injonction à la municipalité de Port-Louis et au commissaire de police pour non-respect d’un accord agréé entre les différentes parties remontant au 16 août dernier en Cour de médiation. La police et la municipalité sont chargées de veiller que l’interdiction d’opérer dans le périmètre de 500 mètres autour du Marché central et dans une série de rues de la capitale soit appliquée, comme stipulé dans le jugement de la Cour suprême du 16 août 2012. Le verdict sur cette affaire est attendu mardi prochain. Les maraîchers attendent d’en prendre connaissance pour déterminer la marche à suivre.
Rappelons que l’année dernière, peu avant les élections générales, les maraîchers du marché de Port-Louis avaient déjà planché pour une grève de la faim à compter du mardi 11 novembre dans la cour de la municipalité de Port-Louis, laquelle fut avortée.