Le collectif des artistes, mis en place après l’agression et l’arrestation de quatre d’entre eux le 30 décembre dernier, organise une marche pacifique à Port-Louis le 29 janvier. Cette initiative vise à sensibiliser le public sur le piratage et à dénoncer « la violence dont ont été victimes les quatre personnes concernées ». Un appel est aussi lancé aux autorités pour qu’elles « respectent leurs engagements » pris dans le discours-programme. Citons, entre autres, l’introduction d’un projet pour le statut des artistes et de nouvelles mesures pour renforcer les paramètres régissant la propriété intellectuelle.
Rendez-vous est donné le 29 janvier prochain aux Mauriciens pour qu’ils viennent soutenir les artistes dans leur combat pour le respect de leurs droits. La marche débutera à 11 h au Champ-de-Mars et se terminera au Jardin de la Compagnie. Jean-Jacques Arjoon, un des porte-paroles du collectif, rappelle qu’un comité regroupant différents partenaires au niveau de l’État et de la communauté des artistes a été mis en place pour se pencher sur les amendements à la Copyright Act. « Mais nous insistons sur le fait que ce comité ait le statut d’un “High Powered Committee” afin que les décisions puissent avoir force de loi. Nous en avons assez des comités consultatifs, qui ne servent pas à grand-chose. »
Il rappelle que Maurice est signataire de plusieurs conventions liées à la propriété intellectuelle et que, de ce fait, des dispositions doivent être prises pour harmoniser nos lois avec les paramètres internationaux. De même, il souhaite que les amendements donnent le pouvoir à la Rights Management Society pour prendre des sanctions contre ceux qui ne respectent pas la loi, « à l’exemple des municipalités, qui agissent pour la “trade licence” ».
Le producteur Richard Hein, insiste pour que la nouvelle loi « oblige la police à faire son travail afin que les artistes n’aient pas à se retrouver, en chemin, à devoir défendre leurs droits ». Il poursuit : « Lors de notre rencontre avec les ministres Duval et Baboo, nous avons insisté sur la nécessité d’une nouvelle grille de tarifs afin que les artistes soient mieux rémunérés pour la diffusion de leurs oeuvres et qui prenne aussi en considération la distribution digitale. »
Il insiste également sur la mise en application de la loi. Il souligne ainsi que la Copyright Act 1997 comprenaient deux mesures « très valables, qui n’ont jamais été appliquées », à savoir une “levy” sur les supports vierges et une rémunération pour les producteurs et les “performers”. Richard Hein fait ressortir que les producteurs mauriciens ne peuvent plus produire de nouveaux albums de nos jours en raison de « pertes immenses » et de « leur découragement ». Le collectif a également émis le souhait qu’un quota soit appliqué pour la diffusion de la musique locale à la radio et à la télévision. « Une telle mesure découle de la déclaration universelle sur la diversité culturelle. Chaque gouvernement peut prendre des mesures pour préserver sa culture. »
Le collectif, qui précise être « apolitique », invite également la population à prendre conscience que « le piratage est un vol ». Bruno Raya ajoute que le collectif est ouvert aux artistes d’expressions diverses – créoles, bhojpuri et autres langues faisant partie du paysage culturel mauricien. De même, fait-il ressortir : « Notre marche sera une marche pacifique. Nous sommes pour la non-violence, mais pour la non-soumission également. »