Comparé aux élections générales de 2010, il y a eu un plus grand afflux de candidats dans la circonscription N° 4, les indépendants folkloriques ayant cette fois-ci largement laissé la place à des candidats de petits partis beaucoup mieux structurés qui n’hésitent pas à afficher leurs ambitions.
Interrogé sur l’intérêt manifeste à briguer les suffrages, Devarajen Kanaksabee, le leader du Front Socialiste (FS), est plutôt lyrique : « L’électorat a toujours voté pour deux grands blocs sous prétexte qu’on ne lui offrait pas un grand choix, fidèle à l’adage « faute de mieux, on embrasse sa femme ». Il ne pourra évoquer ce prétexte cette fois-ci ». Le FS a d’ailleurs présenté deux candidats au N° 4 et huit autres ailleurs, dont trois aux N° 19 et au N° 20.
Le premier à se pointer dès l’ouverture du centre de Port-Louis SSS (North) à Cité-La-Cure a été Sergio Claude Momplé. Candidat de Lalit, il s’est déclaré « muslim », conformément à la volonté de son parti de ridiculiser le système de déclaration d’appartenance ethnique. Il a été suivi de Malini Poonoosamy Sungeelee, du Parti Justice Sociale, qui s’est enregistrée en tant qu’hindoue.
Vers 10 h, le centre a commencé à s’animer avec l’arrivée de Bibi Aisha Soogree, candidate de Rezistans ek Alternativ, accompagnée de quelques partisans brandissant des drapeaux frappés d’un papillon, qui a pour sa part refusé de décliner son appartenance communautaire. S’y étant manifestement préparée, elle a remis à la presse une copie d’une lettre de son parti qui prend à contre-pied la nouvelle formule de déclaration des candidats. Pour Dany Marie, dirigeante de Rezistans ek Alternativ qui encadrait Bibi Aisha Soogree, « il y a une grosse nuance dans la formulation de la Commission électorale ».
Fidèles à la tradition, les candidats des gros blocs politiques ont débarqué à la tête de défilés de partisans bruyants. L’alliance PTr/MMM a mobilisé plus de véhicules et de banderoles, « le signe d’une grande victoire à venir » pour la travailliste Kalyanee Juggoo. Elle a soutenu qu’avec ses deux colistiers, Arianne Navarre-Marie et Jimmy Chourimootoo, ils menaient campagne ensemble tandis que « de l’autre côté, c’est chacun pour soi ». La députée sortante Aurore Perraud répond du tac au tac : « Ce n’est certainement pas le nombre de partisans qu’on fait défiler le jour du dépôt de candidatures qui indique la victoire aux élections, mais ce qu’on voit et qu’on entend sur le terrain. Partout où l’on passe on entend « Vire mam ». Nous n’avons pas organisé de défilés et ceux qui nous ont accompagnés sont des partisans qui l’ont fait de manière spontanée ».
On a également noté la présence de Roshni Mooneeram, leader du parti Ensam, qui a tenu à soutenir son candidat, Jeetun Kunchan, un ancien policier reconverti en éleveur. Parmi les candidats, un certain Gaëtan Duval du Mouvement Authentique Mauricien (MAM) qui, à 66 ans, a déjà tenté de se faire élire dans le passé…