Le Premier ministre a exprimé hier sa satisfaction concernant le dernier rapport de Moody’s Investors Service. Celui-ci fait état de la résilience de l’économie mauricienne face à un environnement international incertain.
« Mo bien kontan, rapor Moody inn donn nou enn tre bonn not », a déclaré Pravind Jugnauth hier au Sir Harilall Vaghjee Hall, à Port-Louis. Face à lui, des cadres supérieurs de la fonction publique, des Chief Executive Officers et des présidents de corps para-étatiques. Une « bonne note » qui survient « en dépit de la situation internationale incertaine, des défis qui nous guettent et des problèmes dont le pays fait face au niveau local ». Le Premier ministre est d’avis qu’avec « les mesures que nous avons prises, Moody’s nous salue pour notre stabilité, notre vision et notre résilience. Je n’ai aucun doute que nous réussirons ensemble. »
Auparavant, son allocution s’est longuement portée sur « la nécessité que chacun sache quel est son rôle ». Malgré les recrutements pour certains postes et les nominations pour d’autres, une fois en fonction, Pravind Jugnauth a plaidé pour que « les personnes concernées s’éloignent de la politique afin d’accomplir le travail pour lequel elles ont été nommées ». Le Premier ministre a constaté que des Chief Executive Officer (CEO) « veulent prendre la place des présidents » et que « des présidents veulent prendre la place des CEO ». Et de poursuivre : « Sakenn bizin konn so rol e sakenn bizin konn ki bann desizion li bizin pran dan lintere linstitision ek pei. »  
Des codes existent d’ailleurs concernant la gestion des institutions. Parmi eux, Pravind Jugnauth a relevé les rôles et responsabilités prévus par le Pay Research Bureau pour les uns et les autres. Malgré tout, il regrette que « certaines personnes, à qui des responsabilités sont confiées au sein des institutions, y jettent du discrédit à travers leur comportement ». Le Premier ministre a dès lors lancé un appel de coopération à tout un chacun.
« Mo dir osi ki nou bizin touzour remet nou an kestion, voir comment mieux faire parce qu’il est évident, quand on regarde le rapport de l’Audit, que tous les ans, il y a pas mal de choses qui sont mal faites. Il y a beaucoup de gaspillage et de mauvaise gestion », a-t-il observé, en s’appesantissant sur quelques exemples. Le Premier ministre a espéré que « tel ne sera pas le cas pour le rapport de 2017 ».
Pour remédier à cette situation, Pravind Jugnauth, en sa capacité de ministre des Finances, a relaté l’importance qu’il y ait, en marge du prochain budget, des estimations sur trois ans consécutifs. Des prévisions où sont indiquées les « “recurrent” et “capital expenditures” avek mision tou bann institision pou kone dan ki direksion zot pe ale ek ki bann aksion le zot ena pou lane ». De plus, Pravind Jugnauth a demandé aux fonctionnaires de maintenir un contrôle sur l’utilisation des fonds publics. Il insiste sur le fait que « les allocations remises aux membres des conseils d’administration doivent impérativement obtenir l’aval du ministère de tutelle si elles figurent en dehors des provisions faites dans le budget, et doivent être approuvées par l’Assemblée nationale ».
Le Premier ministre a aussi souligné que « sept “statutory bodies” » ont des dettes de l’ordre de Rs 1,95 milliard par rapport aux prêts contractés. « C’est surprenant parce que si dans certaines situations les organismes ont des problèmes, dans d’autres, non », a observé Pravind Jugnauth.
Pour sa part, le DPM Ivan Collendavelloo a parlé de l’ébauche du code de conduite, qui date de 2012, mais qui n’a toujours pas été implémenté. Il a invité tous ceux présents à s’en procurer une copie « pour bien faire leur travail ». Le ministre de la Bonne gouvernance, Sudhir Sesungkur, a également fait partie des orateurs. Le ministre mentor, sir Anerood Jugnauth, le ministre du Logement et des Terres, Showkutally Soodhun, et le ministre de la Fonction publique, Eddy Boissezon, étaient également présents.