Le mouvement de contestation d’un millier de marchands ambulants de la capitale hier devant la mairie a eu l’effet escompté. Non seulement ils ont attiré l’attention des autorités compétentes mais il a été noté lors de cette manifestation pacifique la présence de Rashid Beebeejaun, VPM et ministre de l’Énergie, Shakeel Mohamed, ministre du Travail, Abdullah Hossen, député, entre autres. Par ailleurs, le ministre des Administrations régionales Hervé Aimée, qu’ils ont rencontré dans l’après-midi, leur a demandé une semaine en vue de trouver une solution.
Plus d’un millier de colporteurs ont marché hier du Champ-de-Mars jusqu’à la mairie de Port-Louis en vue de s’opposer contre la proposition de relogement préconisée par la mairie. À leurs côtés, devant la mairie, diverses personnalités politiques ont déploré la manière de procéder de l’équipe mauve à la tête de la mairie de Port-Louis.
La manifestation s’est déroulée dans le calme au cours de laquelle les pères et mères de famille se sont fait entendre sur le projet de relogement. Ils ont vivement critiqué l’initiative de la mairie de rallonger la liste des personnes éligibles à un étal sur les sites Decaën et Immigration situés respectivement à côté de la Gare Victoria et la Gare du Nord. 1 532 personnes répondant aux critères imposés par la mairie ont reçu un courrier les invitant à signer leur contrat de travail. Selon le lord-maire, plus d’un millier de personnes travailleront sur un shift system sur les deux sites à partir du 18 novembre.
Du côté du Front Commun des Marchands Ambulants (FCMA), qui regroupe la Street Vendors Association, l’Association des Marchands Ambulants du Nord, la Hawkers Permit Association et la Voice of Hawkers Association, et la Small Traders Association —, il est inacceptable que les « genuine hawkers  » fassent concession. « Noun abitie travay set zour lor set. Zordi pe vinn dir nou ser sintir pou bann dimounn pa kone kot sorti », déplorent en force les présidents des associations respectives. Tentant tant bien que mal de convaincre la MPL de revenir sur sa décision, les colporteurs disent « ne pas avoir d’autre choix » que de manifester dans les rues de la capitale afin d’attirer l’attention des autorités compétentes.
Hervé Aimée rassure
Par ailleurs, ce mouvement de protestation a eu pour résultat la convocation d’une rencontre « d’urgence » avec le ministre des Administrations régionales Hervé Aimée à 15 h à son bureau en présence du député Abdullah Hossen. Après avoir écouter les revendications de ces derniers, le ministre a demandé aux marchands ambulants de lui accorder une semaine pour trouver une solution à leur problème. Le ministre des Administrations régionales leur aurait assuré que la solution serait trouvée bien avant que les marchands ambulants ne se rendent à la convocation pour la signature de leur contrat. « Je gère le ministère des Administrations régionales. C’est sous l’égide de ce ministère que la mairie de Port-Louis répond. J’aurai le dernier mot sur ce dossier », a lancé Hervé Aimée. Le ministre compte inviter le lord-maire Aslam Hossenally à discuter des moyens à déployer afin que marchands ambulants et municipalité de Port-Louis soient gagnants.    
Par ailleurs, c’est à la surprise générale que le ministère a indiqué avoir fait une liste de genuine hawkers, d’un millier de noms. Cette liste, selon une première analyse des membres du Front Commun, est « presque similaire à la nôtre ». À noter que les marchands ambulants reprochent aussi à la MPL de n’avoir pas pris « leur  liste » en considération dans le cadre du projet de relogement. Ainsi, trois listes de marchands ambulants sont désormais disponibles à Port-Louis pour deux sites de relogement. Le ministère tentera d’inciter la mairie à faire marche arrière sur ce dossier. Hervé Aimée étudie également d’autres solutions afin de décanter la situation. La transformation de certaines rues de Port-Louis en zones piétonnes n’est pas à écarter.
À l’heure où nous mettions sous presse, nous attendions toujours la réaction de la mairie de Port-Louis.