La Rue Farquhar, qui habituellement grouille de monde avec la présence de marchands de rue, était moins animée que d’habitude hier. Cela en raison de la présence de plusieurs policiers à moins de cinq mètres les uns des autres. Une opération policière menée depuis hier avec la présence de voitures et d’éléments de la force régulière aussi bien que de la Special Supporting Unit (SSU) pour décourager les colporteurs.
Aucun marchand de rue n’a pu étaler ses articles librement sur la chaussée hier à la rue Farquhar. Une initiative qui n’est autre que l’application d’un jugement de la Cour suprême interdisant tout colporteur dans un rayon de 500 m autour du Marché central. Ce qui n’a pas empêché quelques téméraires de tenter d’appâter les clients, alors même que des officiers se tenaient à quelques mètres. Certains audacieux, au vu des policiers, n’hésitaient pas à vendre leurs articles dans les mains comme ce marchand de ceintures. D’autres, comme cette dame dans la cinquantaine, avaient placé des vêtements sur un morceau de carton. « Kot bann lezot marsan ? » lui demandons-nous. Ce à quoi elle nous répond : « La polis pe pouss nou. Depi gramatin pa pe resi vande. » Depuis hier, la police a renforcé sa présence dans les rues autour du Marché central. La présence a été plus remarquée rue Farquhar, une rue stratégique pour les marchands illégaux étant donné que des milliers de piétons l’empruntent pour se rendre à la gare du Nord et au Marché central.
Selon une source, la police et la municipalité de Port-Louis se sont activées pour faire appliquer le jugement de la Cour suprême délivré le 16 août 2012 interdisant aux marchands ambulants toute activité commerciale illégale dans un rayon de 500 mètres autour du Marché central. La semaine dernière, le conseil municipal de Port-Louis avait donné le ton en annonçant que les inspecteurs comptaient sévir contre les marchands ambulants qui ne respecteraient pas ces règlements.
Les commerces des environs saluent l’initiative des autorités policières. « Inn ler pou ki la rue Farquhar libre ek respirer », témoigne un boutiquier. Cependant, il se montre sceptique : « Des descentes policières cela arrive fréquemment, mais après quelques jours, dès que les policiers ne sont plus là, les marchands reviennent. Sa fer boukou banane ki la polis pe rod met lord, ena polisye gagn letan fini mor tou », lâche-t-il ironiquement. Il est d’avis que les autorités ne devraient pas tarder avec le projet de relogement des marchands ambulants afin de les caser et les régulariser.
D’habitude très critique envers la police, la Market Traders Association (MTA) réagit positivement à cette action. Toutefois, face à la présence de quelques marchands de rue obstinés, le président de la MTA, Isoop Soobedur, souhaite qu’une tolérance zéro soit appliquée et que tous les marchands illégaux soient chassés.