Après des malentendus autour la position de Greenpeace sur le Marine Protected Area (MPA) aux Chagos, le SY Rainbow Warrior 3 est finalement arrivé à Port-Louis hier matin. Mouillant au Christian Decotter Cruise Terminal aux Salines, le bateau sera ouvert au public aujourd’hui de 10 à 16h. Hier, les militants écologistes ont eu des sessions de travail avec les autorités concernant la pêche industrielle de thons dans notre zone économique exclusive. Greenpeace veut proposer des solutions pour une industrie de pêche plus soutenable, afin de protéger l’environnement marin.
Le SY Rainbow Warrior 3 est arrivé en provenance du Mozambique où l’équipage a effectué deux semaines de surveillance en accord avec le gouvernement. Depuis l’année dernière, le mouvement écologiste a entamé une campagne à travers le monde pour attirer l’attention sur les dégâts causés par les thoniers senneurs. Ces bateaux de pêche industrielle opèrent également dans l’océan Indien, d’où la présence de Greenpeace sur notre territoire. Une rencontre a eu lieu avec le ministre de la Pêche Nicolas Von Mally à ce sujet. Les opérateurs dans le seafood hub ont aussi été invités à un atelier de travail aujourd’hui.
Selon Sari Tolvanen, Oceans Campaigner Coordinator, Greenpeace n’est pas contre la pêche, ni contre les pêcheurs. « Cependant, nous voulons que les pêcheurs – et plus particulièrement les compagnies de pêche – adoptent des attitudes responsables. On peut trouver un moyen pour gérer le profit et le respect de l’environnement. Nous voulons aider Maurice à faire face à la baisse du stock de poissons, particulièrement le thon, dans ses eaux. »
La porte-parole de Greenpeace a aussi tenu à dissiper tout malentendu sur la position du mouvement à l’égard de la Marine Protected Area (MPA) aux Chagos. « Nous sommes en faveur d’initiatives visant à permettre la régénération de l’environnement marin, comme le projet de parc marin. Cependant, cela ne doit pas être une raison pour interdire les Chagossiens de rentrer chez eux. Ils doivent avoir accès à l’archipel, y compris Diego Garcia, et ils doivent aussi avoir le droit de participer aux projets visant à protéger leur environnement. »
L’équipe de Greenpeace aura également des sessions de travail avec les pêcheurs, les militants de l’environnement et d’autres acteurs sociaux au cours de leur visite à Maurice. Elle souhaite pouvoir enclencher une collaboration avec les autorités mauriciennes et revenir plus tard pour des activités de surveillance, comme cela a été le cas au Mozambique. Une telle pratique, rappelle Sari Tolvanen, permet d’inspecter les bateaux et de déjouer les pratiques douteuses. Elle souligne aussi que plusieurs espèces de thon sont en danger et que si Maurice ne prend pas les mesures appropriées, le pays risque d’en souffrir plus tard.
Parlant des accords de pêche avec différents pays, l’Oceans Campaigner Coordinator de Greenpeace est d’avis que les gouvernements ne doivent pas uniquement considérer les gains en argent qui ne durent que dans le court terme. « Il faut aussi voir l’impact de la pêche industrielle, particulièrement celle utilisant les senneurs sur l’écosystème. » Et de conclure : « Cela s’inscrit dans le long terme. »