À Port-Louis, qui compte huit arrondissements, outre le MMM/MSM et le Ptr/PMSD, cinq formations sont présentes dans certains Wards. À savoir le Front Solidarité Mauricien de Cehl Meeah qui, excepté aux Wards 1 et 7, est présent dans toute la capitale ; les Verts Fraternels de Sylvio Michel (N°1, 4 et 7), le Mouvement Authentique Mauricien d’Eliézer François (Wards 4, 6 et 7), le Parti Malin (N°1) et la Fédération Socialiste Mauricienne (N°2,4,5,6 et 8). D’autre part, 22 candidats indépendants sont en lice dans la capitale, avec la plus forte concentration au N°3 qui en compte sept. Au niveau de la représentation féminine, Port-Louis voit la participation de neuf femmes pour le MSM/MMM contre huit pour le Ptr/PMSD. Le nombre total d’électeurs est de 111 014.
La nouvelle Local Government Act a apporté plusieurs éléments que les états-majors ont dû prendre en considération. Il y a eu le redécoupage des arrondissements, le nombre réduit de candidats (24 au lieu de 30), soit trois dans chacun des huit wards, alors qu’ils étaient au nombre de cinq par ward auparavant, l’imposition d’un ratio de participation féminine, etc.
Autant de changements qui, couplés aux contraintes de la répartition des tickets entre partenaires des deux alliances, auront nécessité de laborieuses tractations menant à la non-investiture de candidats, nombre de permutations d’un ward à un autre, beaucoup de frustration, des démissions, voire des retournements de veste dès avant le Nomination Day. Le plus spectaculaire a été celui du couple Ruben et Sheila Grenade, membres du bureau politique du MSM et du Régional N°1, qui démissionnent en apprenant que l’époux n’aura pas d’investiture pour intégrer aussitôt le Ptr et s’afficher tout de rouge vêtus sur les estrades de leur ancien adversaire durant la campagne. On s’est tout subitement souvenu que Ruben est issu d’une lignée traditionnellement travailliste, de par son géniteur, Yves Grenade, un des plus fidèles de Chacha Ramgoolam. Parmi les conseillers sortants, Eshan Joomun retourne au bercail travailliste après un bref passage au MSM et sa non-investiture pour condamnation (son appel est en suspens) de tentative de corruption. Il est suivi de Sudhir Ramtohul, du N°4 ; non retenu, il quitte le MSM pour réintégrer le Ptr.
La présentation des candidats fait voir une équipe MMM/MSM panachée de vétérans et de jeunes, dont nombre de femmes, de professionnels, de travailleurs sociaux. Du côté du Ptr/PMSD, il faudra attendre le Nomination Day pour découvrir qu’il présente autant de jeunes, de travailleurs sociaux et de femmes que son adversaire. Sans surprise, un point commun : deux côtés, des équipes ethniquement profilées pour refléter les “réalités” des wards…
Les deux partis marquent une présence régulière sur le terrain, mais les rouges-bleus démarrent très en retard, optent pour les réunions chez des particuliers. On nous a assuré du côté du Ptr/PMSD qu’on a voulu procéder par une opération sous-marin pour tenter d’endormir l’adversaire en lui faisant croire qu’on est absent sur le terrain ; les orange-et-mauve, eux, mieux préparés, organisent réunions et meetings publics dans le pur style du MMM. Les thèmes abordés sont davantage nationaux et axés sur les scandales ayant fait l’objet de PNQ pour le Remake 2000 alors que l’Alliance au pouvoir et son leader se veulent plus populaires, sinon populistes, dans leur approche avec des discours truffés d’allégations et d’anecdotes politiques, le tout au rythme de ségas.
L’adversaire ayant choisi de hausser le ton, l’alliance Ptr/PMSD devait riposter par l’artillerie lourde. Dès que le budget, qui a été boudé par l’ensemble de l’opposition parlementaire, a été voté, le Leader of the House a ajourné à après les municipales les débats parlementaires. Dès lors il fallait s’attendre à ce que Navin Ramgoolam en personne fasse la tournée des coins et recoins des villes, ce qu’il ne fera que durant la dernière semaine.
Quoi qu’il en soit, il est difficile de prédire à 48 heures de la clôture des centres de vote ce qui sortira des urnes.