En cette période de fin d’année, et surtout avec le long week-end de la Noël, l’Assemblée Régionale de Rodrigues, en collaboration avec les autorités policières, a pris la décision de décréter le chef-lieu Port-Mathurin zone piétonnière. Ne dérogeant pas à la tradition pour accueillir le Nouvel An, les Rodriguais sont nombreux à descendre à Port-Mathurin pour compléter leurs achats.

Depuis plusieurs jours, des rues de Port Mathurin sont réservées aux piétons de 9 heures à 16 heures. L’objectif : faciliter le mouvement de foule venant de différentes régions de l’île pour compléter les emplettes de fin d’année. Les autorités prévoient d’étendre cette interdiction de circuler aux véhicules dans les rues de Port-Mathurin jusqu’à 18 heures en cette fin de semaine, et de la maintenir jusqu’à fort tard le soir de la veille de Noël, dimanche. Une importante mobilisation des membres de la force policière est aussi de mise dans le chef-lieu pour assurer l’ordre et la discipline.

 

Depuis le week-end dernier, avec le versement des salaires et du boni de fin d’année aux employés de l’administration, les Rodriguais sont nombreux à prendre d’assaut les comptoirs des magasins de l’île. De leur côté, avec les deux voyages du Mauritius Pride au début décembre, les commerçants ont fait le plein des marchandises et, à Port-Mathurin, le spectacle est sur les trottoirs, la plupart des commerces placent leurs marchandises à l’extérieur de leurs boutiques et magasins. Tout y est, allant des fleurs artificielles aux pétards en passant par les rideaux.

Mais le Rodriguais se montre prudent dans ses achats. De nombreux parents donnent priorités à l’éducation de leurs enfants, plutôt que de se laisser tenter par l’euphorie des fêtes. Avec un taux de réussite en hausse de 69 % aux examens du PSAC cette année, les parents se concentrent sur le matériel scolaire pour la rentrée de 2018. Dans une papeterie de Port-Mathurin, ils sont venus s’approvisionner en cahiers, plumes et autres manuels de classe. Marina, mère de famille, se veut prévoyante et souligne que « mo pe profite boner pou vinn fer bann zafer lekol, bizin pran boner parski letan lekol, ena bann magazin ferme e kapav ena bann materiel ki finn fini ». Pour l’heure, dit-elle, « mo’nn aste kaye, kreyon ek bann sketchpad ». Même son de cloche du côté de Laurent, père de famille. « Priorite-la se gagn tou bann zafer pou zanfan al lekol zanvie, apre nou get leres, fet tou sa la ». Ils seront 10 000 étudiants à reprendre le chemin de l’école à Rodrigues le 8 janvier.

Les commerçants affichent bonne mine devant l’affluence de clients. « Pour le moment, lavant-la li korek e de plis an plis li pou vinn pli korek ankor ler lane pe termine. Tigit tigit lezot dimounn pou gagn zot lapey. Asterla, bann klian pe plito aste kaye, plim, gom, sketchpad, pinso tou sa la. Nou’nn prepar enn bon stock e nou sir nou pou kapav satisfer nou bann klian », avoue un des commerçants.

Cette préoccupation des parents consciencieux n’empêche pas des artistes rodriguais d’écouler leur production. Ils sont une dizaine à prendre avantage des dispositions arrêtées par la commission du Tourisme de l’Assemblée Régionale de Rodrigues en face de l’Office du Tourisme. Julia Stai, musicien qui est à son deuxième album, se présente aux membres du public. « Mo trouv bann piblik donn nou boukou kouraz. Le troisième album qui sortira l’année prochaine sera d’un différent style », confie-t-il, en mettant en garde le public contre les CD piratés et en leur demandant de privilégier des versions originales.

Le mot de la fin reviendra à cette mère de famille. « Ou kone, larzan bizin konn depanse. Mwa zanvye-la li pou long sa. Bizin pa nek aste brit-brit, ek kan le 20 vini, nepli ena nanye. Lapey li pou le 29 zanvye. Bizin get bann priorite pou kapav bien zer bidze familial. Mo dir bann dimounn pa aste brit akoz ena larzan, pans lafamiy. » Voilà qui est bien dit…