L’Agence Française de Développement (AFD) a octroyé un prêt de 42,5 millions de dollars (environ Rs 1,3 milliard) à la Mauritius Ports Authority pour la réalisation de son projet d’extension du terminal à conteneurs à Mer Rouge. La signature de la convention de financement et de l’accord de garantie du gouvernement mauricien a eu lieu hier après-midi à l’hôtel Le Labourdonnais. L’Union européenne est aussi de la partie, offrant un don de 3 millions d’euros (autour de Rs 120 millions) à la MPA pour atténuer les coûts liés à l’impact environmental et social du projet.
Ce projet d’extension et de consolidation du terminal à conteneurs vise à positionner Port-Louis comme le « hub logistique incontournable » de l’océan Indien, a souligné Shekur Suntah, directeur général de la MPA, dans son allocution. Au coût total de l’ordre de Rs 4,3 milliards, le projet est cofinancé par l’AFD, les fonds propres de la MPA, la Banque européenne d’investissement (BEI) avec laquelle un accord portant sur des crédits d’environ 18 millions de dollars doit être signé, et l’Union européenne qui a offert une subvention de 3 millions d’euros provenant du fonds fiduciaire UE-Afrique pour les infrastructures. L’aide de l’AFD couvre une période de douze ans incluant un moratoire de trois ans. Le prêt est assorti d’un taux d’intérêt annuel de 3,3 %.
Le terminal à conteneurs a été construit de 1996 à 1998 et est devenu opérationnel en 1999. Au départ, l’infrastructure avait été conçue pour accueillir des porte-conteneurs de 3 000 EVPs (conteneurs) avec des tirants d’eau de 11 mètres, capacité jugée suffisante à l’époque. Mais avec la croissance importante du trafic de transbordement à partir de 2001, le chenal d’accès fut approfondi pour permettre l’accostage de plus gros navires transportant jusqu’à 5 500 conteneurs opérant dans la région. Tout en soulignant que Port-Louis « peut se vanter d’être le troisième port de l’Afrique subsaharienne en termes de tirant d’eau le plus important », Shekur Suntah a indiqué que les armateurs ont commencé à opérer de plus gros navires (de 8 000 à 11 000 conteneurs) dans notre région, lesquels ne peuvent accoster à Port-Louis à pleine charge. Pour des raisons stratégiques, a-t-il poursuivi, il est impératif que Port-Louis se modernise pour accueillir ce type de navires. Avec l’extension du terminal à conteneurs – les travaux vont démarrer dans le courant du premier trimestre 2013 pour être complétés en 2015 – il sera possible de recevoir de plus gros porte-conteneurs.
La direction de la MPA a salué l’intérêt que portent les bailleurs de fonds aux projets de développement des infrastructures portuaires, un intérêt qui, selon Shekur Suntah, confirme « la bonne gestion et la santé financière de la MPA ». Malgré la crise financière mondiale, a fait ressortir Maurice Allet, président du conseil d’administration de l’autorité portuaire, la MPA a enregistré des résultats financiers et opérationnels bénéficiaires durant l’année 2011 (voir plus loin). Il ajoute que la MPA maintiendra son agenda de développement et poursuivra les objectifs fixés dans son plan directeur.
Synergie
Le vice-Premier ministre et ministre des Finances, Xavier-Luc Duval, qui a participé à la signature de l’accord de garantie souveraine avec l’AFD, a noté « l’excellente performance » du port en termes de conteneurs manipulés et d’amélioration de la productivité au sein de la Cargo Handling Corporation (CHC). Malgré la conjoncture économique difficile, a soutenu M. Duval, le gouvernement continuera à investir « judicieusement » dans des outils économiques. Tout en faisant état de sa confiance dans le développement du secteur portuaire, le Grand argentier a admis qu’en ce qui concerne les activités de transbordement, la concurrence deviendra encore plus rude.
Du côté des bailleurs de fonds, on fait remarquer que le projet d’extension du terminal à conteneurs « est éminemment stratégique pour l’économie mauricienne et d’une importance majeure au niveau régional puisqu’il permettra de maintenir les lignes directes et de réduire le taux de fret ». « Sa réussite repose cependant sur la capacité de Port-Louis à proposer des prestations compétitives en termes de performances, notamment sur la manutention », estiment l’AFD et l’UE. Ces dernières saluent les efforts du gouvernement pour amener les performances de manutention aux standards internationaux.
« C’est un investissement déterminant pour le port », dira Jean-François Dobelle, ambassadeur de France. Ce dernier est d’avis que Port-Louis est devenu un hub, Maurice étant en mesure de jouer un rôle important dans le développement des échanges sur l’axe Asie/Afrique. M. Dobelle a laissé entendre que l’AFD est prête à mettre toute l’expertise nécessaire ainsi que les moyens financiers requis à la disposition des autorités portuaires pour qu’elles puissent relever les enjeux. Pour sa part, Alessandro Mariani, chef de délégation et ambassadeur de l’UE, a dit sa satisfaction de voir que, dans le cadre de ce projet, des synergies ont été trouvées par une agence de développement européenne et des États membres de l’UE pour apporter des solutions de financement.