La situation ne semble guère évoluer dans le port après le rejet du rapport Appanah au sujet de la révision salariale. Après l’assemblée des travailleurs du port dans la journée d’hier, la Port-Louis Maritime Employees Association, affiliée à la General Workers Federation (GWF), a arrêté un ultimatum en vue de régler le litige salarial. À cet effet, la date du 8 juillet a été arrêtée et, passé ce délai, le syndicat se réserve le droit d’enclencher des procédures de grève dans le port. Entre-temps, la grève perlée (Go-Slow) se poursuit dans le port.
Dans une communication adressée à tous les membres de la Cargo Handling Corporation Ltd en date du 26 juin, la PLMEA place toute la responsabilité de la dégradation des relations industrielles dans le port sur les épaules du General Manager de la Corporation. « The assembly of workers is of the view that the Managing Director is solely responsible for the discontent and deterioration of the situation in the port sector, and has thus disqualified himself as Managing Director », déclarent Alain Edouard, president de la PLMEA, Fernanrd Fabor, secrétaire, et Ashok Subron, négociateur.
Les syndicalistes ajoutent que la déclaration du General Manager de la Cargo Handling Corporation Ltd au sujet de l’adoption unilatérale du rapport salarial rejeté est venue jeter de l’huile sur le feu en la circonstance. « The assembly rejects in toto the Appanah report. The assembly is of the view that the report is totally unsatisfacyory to the interest of workers, but it is also imposing unconstitutional and authoritarian conditions within the terms the terms and conditions of employment of employees of CHCL », ajoutent-ils.
Les dirigeants syndicaux proposent que les négociations soient reprises sur des principaux points en litige jusqu’au 1er juillet prochain. Ils réclament « a new team of the management, which includes the participation of all terminal managers with wide experiences in port operations, under the legal framework of the Commission for Conciliation and Mediation (CCM) ».
Dans cette même perspective, le délai du 8 juillet a été imposé. « The assembly has mandated the PLMEA to extend the period of negotiation up to Monday 8th July, in view of the signing of a collective agreement. Otherwise, the assembly has voted for the PLMEA to declare a deadlock at the level of the CCM on the 8thn July 2013 and opt for legal strike action procedures in the port sector », notent les dirigeants de la PMLEA dans la correspondence aux membres du Board. Ils se disent confiants que cette proposition de négocations permettra de « cool down the present workers discontent in the port sector ».
L’une des conséquences du Go-Slow est que, depuis vendredi dernier, la productivité est à la baisse, avec une chute considérable dans le mouvement des containers, forçant certains bateaux à être déroutés vers d’autres ports de la région. Le mouvement des containers est passé de 20 à l’heure pour atteindre 5 à l’heure, selon la dernière tendance. Tout porte à croire que ce rythme devrait être maintenu en attendant un éventuel dénouement dans le bras de fer direction / syndicat.
« Trois bateaux sont ancrés dans le port depuis hier pour débarquer des containers. Dans la matinée, cet exercice se poursuivait toujours, ce qui laisse comprendre qu’il y aura un énorme retard au final. À ce stade, il est prévu que quatre bateaux accostent au port dans les prochains jours, mais aucune indication n’est disponible quant à une éventuelle décision de les dérouter ou non, du fait de ce go slow », font comprendre des sources bien informées dans le secteur portuaire, craignant une détérioration dans les jours à venir.