Grâce à un examen ADN commandité par les autorités policières auprès d’un laboratoire étranger, la famille Frappier, de Curepipe, a pu retrouver les restes d’un de ses proches disparu depuis octobre 2010. Des funérailles en bonne et due formes ont pu ainsi avoir lieu samedi dernier, permettant aussi à la famille de faire enfin son deuil.
Yves Frappier, la personne décédée, avait été porté disparu depuis plus de sept ans. Atteint d’amnésie, il avait déjà déserté le toit familial et avait été retrouvé errant dans les environs de Mare-aux-Vacoas. Malgré la vigilance de ses parents, il était reparti de sa maison et, cette fois, il n’était jamais rentré chez lui. Les recherches entreprises pour le retrouver n’avaient rien donné, jusqu’au jour où, une année plus tard, en 2011, la police a été alertée de la présence d’un cadavre en état de décomposition avancée sous le pont de Grande-Rivière Nord-Ouest.
Selon nos informations, la police avait des raisons de croire que le cadavre pouvait être celui d’Yves Frappier. Toutefois, la famille ayant des doutes, elle avait demandé un test ADN. C’est ainsi que la Police a collecté des échantillons génétiques auprès des membres de sa famille pour être envoyés à l’étranger à des fins d’analyse. Le test a mis longtemps et ce n’est que la semaine dernière que les résultats sont arrivés. Et ils ont positivement identifié l’ADN du porté disparu. Pour rappel, l’ADN (acide désoxyribonucléique) est considéré comme le blason familial d’une lignée. Chaque membre de la famille porte ce blason en lui et une analyse ADN permet de déterminer à quelle famille appartiennent les personnes.
Yves Frappier, 67 ans au moment de sa disparition, était bien connu à Curepipe, dont il avait été un conseiller municipal élu sous la bannière Parti travailliste-PMSD (Alliance sociale) lors des élections municipales de 2005. Mais, auparavant, durant les années 1970-80, militant engagé, il était parmi les animateurs à l’avant-garde de la General Workers Federation (alors d’obédience MMM). Aux côtés notamment du regretté France Delbar, M. Frappier mobilisait particulièrement les ouvriers du secteur de la construction. Il devait par la suite s’éloigner tant de la fédération syndicale que du parti de Paul Bérenger.
La fille du disparu, Pascale Acis, à qui Week-End a pu parler hier, a déclaré la tristesse que ressent l’ensemble de sa famille. « Nous sommes tristes évidemment de l’avoir perdu dans ces circonstances, mais nous sommes quand même soulagés de savoir où se trouve maintenant notre papa et, au moins, nous pouvons commencer maintenant à faire notre deuil », a-t-elle ajouté.