On peut suivre brillamment toutes les étapes d’un système, en devenir un de ses modèles tout en remettant en question ses principes et son fonctionnement. C’est ainsi que l’on pourrait résumer le parcours d’Avnish Gungadurdoss, lauréat et diplômé de Harvard qui, avec deux de ses condisciples, a monté une Ong sortant résolument de l’ordinaire dans le domaine de l’aide au développement : Instiglio. Voici un résumé du parcours de cet lauréat qui sort des sentiers battus.
Avnish Gungadurdoss est né et grandi à Vacoas et fait ses études secondaires au collège St-Esprit, dans la filière scientifique. En senior, il se lance dans l’étude de l’économie seul ayant découvert l’importance de cette matière dans tous les aspects de la vie quotidienne. Au fur et à mesure, Avnish va s’intéresser à l’économie, mais en maintenant ses choix de sujets pour le HSC. Lauréat dans la filière scientifique en 2005, il obtient une bourse d’études américaine et va faire une BA en économie à l’université de Dartmouth. Il en sort en 2009 avec un diplôme en économie et en mathématiques et obtient une autre bourse d’études pour aller faire une Master à Harvard. Il choisit de se spécialiser dans l’administration publique et le développement. « Pendant mes études à Dartmouth, j’ai eu la chance de faire une recherche pour MIT Poverty Action Lab, une institution dont le but est de mettre au point de nouvelles méthodes permettant aux décideurs politiques de venir en aide efficacement aux pauvres, de tester les programmes, le fonctionnement et les autres. Ce n’était pas que de la réflexion théorique mais des expériences pratiques sur le terrain, des interventions sur le système social pour mesurer l’impact réel de ces programmes. J’ai ainsi découvert l’autre face, plutôt cachée, de la politique de l’aide au développement et ses faiblesses. » Pour Avnish, la principale de ces faiblesses est le fait que le système ne fonctionne pas sur des résultats concrets mais d’autres considérations, plus politiques. « De ce fait, toutes les améliorations des méthodes, toutes les propositions pour les rendre plus performantes et faire avancer le développement se retrouvaient dans les étagères des armoires fermées à clef. Ce constat m’a permis de me rendre compte que dans ce domaine les consultants, comme moi, ne sont que des techniciens au service de politiques pas toujours efficaces et non adaptées aux problèmes qu’elles sont censées résoudre. C’était frustrant. C’est ce constat qui m’a poussé à faire des études sur les systèmes politiques. J’ai choisi de faire une Master en Public Administration and International Developpement, axée sur la réalité des pays pauvres et sous-développés. » Le monde et le système qui le fait fonctionner étant ce qu’ils sont, est-ce qu’on peut être plus efficace pour le changer en tant qu’expert ou comme politicien ? « On peut être efficace à tous les postes où l’on se trouve si on travaille bien et surtout si les politiques que l’on applique sont bien pensées, s’appuient sur des réalités concrètes, appliquées aux demandes et aux réalités. »