Il y a cent ans naissait l’un des plus grands génies de son temps. De L’Étranger à La peste, Albert Camus n’aura pourtant cessé de déranger, afin d’éveiller les consciences. Retour sur le parcours d’un homme qui aura laissé une trace indélébile dans la littérature classique française.
“Quand je me suis réveillé, Marie était partie. Elle m’avait expliqué qu’elle devait aller chez sa tante. J’ai pensé que c’était dimanche et cela m’a ennuyé : je n’aime pas le dimanche. Alors, je me suis retourné dans mon lit, j’ai cherché dans le traversin l’odeur de sel que les cheveux de Marie y avaient laissée et j’ai dormi jusqu’à dix heures.” Ainsi parlait Albert Camus de l’amour dans L’Étranger. Une manière bien à lui, si remplie de l’essentiel mais à la fois si éloignée des envolées littéraires des autres auteurs classiques de son temps. Peut-être était-ce là la véritable force de l’auteur : celle de pouvoir passer autant d’émotions dans un langage accessible, proche du peuple.  
Auteur classique par excellence, étudié et décortiqué dans les salles de classe depuis des décennies déjà, Albert Camus – dont l’on célébrait début novembre le centenaire de la naissance – aura hérité de plusieurs définitions, dont celui “d’écrivain de l’absurde”. Un qualificatif qui l’aura d’ailleurs suivi jusque dans la mort, aussi inattendue que tragique, en 1960.
Le petit Albert naît le 7 novembre 1913 à Mondovi, en Algérie. Son père, Lucien, est ouvrier agricole, tandis que sa mère, Catherine, est une jeune servante illettrée. Mais Albert ne connaîtra jamais son père, qui meurt durant la Bataille de la Marne alors qu’il venait d’être mobilisé au cours de la Première Guerre mondiale. Seule et sans grands revenus, sa mère s’installe donc à Alger, et plus exactement dans un quartier pauvre.
À l’école, Albert est assez bon élève. Il obtiendra même une bourse pour poursuivre ses études au lycée Bugeaud d’Alger, où il se passionnera autant pour la philosophie que pour le… football. À 19 ans, en 1932, le jeune homme obtient son bac. L’occasion aussi pour lui de publier ses premiers écrits dans une revue étudiante.