Damien Fabre est le deuxième neuropsychologue à exercer à Maurice. En attendant de lancer sa société, qui proposera des services de neuropsychologie à domicile, ce spécialiste des soins aux personnes âgées travaille bénévolement au centre Open Mind. Voici son portrait qui va nous permettre de découvrir les particularités de son métier et son regard sur l’île Maurice.
C’est pour essayer de comprendre les symptômes de la maladie dont souffrait son petit frère que Damien Fabre est devenu psychologue. « Je voulais étudier la médecine, plus précisément la psychiatrie pour venir en aide à mon petit frère. J’ai donc commencé des études de psychiatrie, puis je me suis rendu compte que je n’étais pas fait pour cette spécialisation mais voulais continuer dans cette voie générale. J’ai alors entrepris des études de psychologie à l’université de Paris Nanterre, puis après mon master 1, je suis allé m’inscrire à l’université de Montpellier pour faire un diplôme en neuropsychologie. J’ai fait ce choix parce que je ne voulais pas que mes connaissances soient basées uniquement sur l’écoute psychologique, mais pour disposer également des outils scientifiques que sont les tests. La neuropsychologie correspondait à mes attentes. » Quelles sont les spécificités d’un neuropsychologue ? « C’est un psychologue qui travaille sur les fonctions supérieures du cerveau : la mémoire, l’attention, la parole. Il utilise des tests pour essayer d’évaluer les déficits des fonctions du cerveau sur la vie quotidienne, ce qui permet de mettre en place une prise en charge adaptée pour le malade. Il dirige le malade vers les spécialistes qu’il lui faut. Le neuropsychologue est là pour affiner le diagnostic, essayer de mettre en place les soins pour retarder le plus possible les atteintes de la maladie. Il oriente vers une prise en charge. Fait le lien entre le malade et les spécialistes dont il a besoin. » C’est une spécialité médicale pour le système médical européen bien équipé, pas tout à fait disponible à Maurice ? « C’est vrai qu’en Europe, plus précisément en France, il existe toute une panoplie de structures pour ce genre de maladies. C’est vrai aussi que la vie sociale et familiale est différente que celle de Maurice. En Europe, les enfants quittent la maison familiale entre 18 et 20 ans et les parents doivent vivre seuls. Cela conduit à un certain détachement dans les rapports entre parents et enfants. C’est pour cette raison que des structures ont été mises en place pour s’occuper des gens âgés en France, à travers des hôpitaux, des centres spécialisés et des homes. A Maurice, ce sont les enfants qui vivent en famille, ou a proximité d’elle, qui s’occupent généralement de leurs parents, surtout quand ils sont malades. » Après avoir terminé ses études, Damien Fabre travaille dans les maisons de retraite et les hôpitaux publics où il s’occupe particulièrement de personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer. Il rencontre ensuite Rya Govinden, jeune Mauricienne qui faisait les mêmes études de psychologie et, par la suite, ils décident de venir vivre et exercer à Maurice. Tout en montant leur société, Damien travaille volontairement à Open Mind.