Le district 9220 du Rotary International, dont Maurice fait partie, vient d’élire son nouveau gouverneur. Il s’agit de l’expert comptable et homme d’affaires mauricien Momamed Baboo. Un nouveau gouverneur, qui est un excellent ambassadeur pour le Rotary, dont voici le portrait.
Avant de brosser le portrait du nouveau gouverneur, commençons par situer l’organisation internationale dont il est membre. Le Rotary International fêtera, mercredi prochain, ses 107 années d’existence. Le premier club Rotary fut fondé par l’avocat américain Paul P. Harris, le 23 février 1905, à Chicago. Aujourd’hui, cette organisation internationale compte plus de 1,2 million de membres et opère à travers 34 238 clubs regroupés en 538 districts répartis dans 200 pays à travers le monde. Maurice fait partie du 9220ème district, qui regroupe Djibouti, les Comores, Mayotte, les Seychelles, Madagascar, Maurice (+Rodrigues) et la Réunion. Chaque district est géré par un Gouverneur de District, qui est un officier du Rotary International. Les clubs Rotary sont à la base de la mission du Rotary International : « Servir d’Abord ». Ils regroupent des professionnels de tous bords qui mettent leurs compétences au service de la communauté locale. Le district 9220 regroupe 57 clubs avec un effectif de quelque 1 500 membres. Voilà pour le Rotary International, passons maintenant à la présentation du nouveau gouverneur. Né à Port-Louis, en 1954, Mohamed Baboo, plus connu sous le prénom de Mamed, fait ses études primaires et secondaires à Maurice. Après son HSC, il se rend à Londres où il entreprend des études de commerce, puis de comptabilité supérieure et se qualifie comme expert comptable. De retour à Maurice, il prend de l’emploi à l’université de Maurice où il enseigne la comptabilité. Puis, il décide d’ouvrir son propre cabinet de services conseil, s’établit une réputation dans le monde des affaires, est nommé directeur de plusieurs compagnies et siège sur plusieurs comités nationaux.
Mamed Baboo se joint au Rotary Club de Port-Louis en 1966 et c’est pour lui, « le début d’une aventure passionnante qui continue ». Il va assumer plusieurs postes de responsabilité au sein de son club dont il sera élu président en 2001. Il sera ensuite élu secrétaire du district et à ce titre aura l’occasion de participer à plusieurs conférences de district et à une convention internationale. Comment devient-on gouverneur d’un district ? « Démocratiquement. Il faut tout d’abord avoir fait partie d’un club Rotary pendant au moins sept ans, avoir présidé son club et servi le Rotary à différents niveaux. Les candidatures sont examinées par une commission de gouverneurs qui choisit un candidat et demande à une assemblée de ratifier son choix. Le gouverneur est élu pour une période d’une année selon un système qui permet à chaque pays du district d’avoir un gouverneur à tour de rôle. » Quels sont les fonctions d’un gouverneur de district ? « Son devoir principal est de représenter le Rotary International, d’effectuer des visites dans les clubs de son district pour vérifier s’ils fonctionnent bien selon les normes.  » Est-il arrivé qu’un gouverneur prenne des sanctions contre un club pour non-conformité avec les règlements ? « C’est une chose qui arrive très, très rarement. Il est arrivé que la charte du Rotary soit reprise à un club, mais on le fait généralement parce que le club ne se réunit pas régulièrement pour des raisons économiques. » Il faut savoir que la cotisation semestrielle du rotarien est de $ 25,50 qui sont reversés à l’organisation internationale. Dans la mesure où le 9220ème district couvre une vaste zone géographique qui finance les frais de déplacement pour les missions d’inspection du gouverneur ? « Le Rotary International prend en charge les frais de déplacements, tandis que les clubs reçoivent et hébergent le gouverneur. » Avec ce nombre de membres et de cotisation, pourrait-on dire que le Rotary International est une multinationale ? Le gouverneur du 9220ème district préfère utiliser le terme organisation internationale. « C’est une grosse organisation qui a su utiliser ses ressources avec une fondation qui a fait des acquisitions et des placements appropriés pour faire fructifier les cotisations de ses membres afin de mieux accomplir sa mission. »
On devient membre d’un club Rotary sur la proposition d’un membre qui fait office de parrain. Le candidat proposé doit avoir un comportement moral exemplaire,  » c’est-à-dire être un homme honnête, intègre, bon père de famille avec une bonne réputation, un statut au niveau de la collectivité ». Il suffit de demander un certificat de moralité à la police, non ? « Certains le font. Mais de manière générale, un comité s’assure de la bonne moralité du candidat proposé avant que son dossier soit accepté ». Les femmes peuvent devenir membres à part entière du Rotary depuis 1985 et occuper les mêmes responsabilités que les rotariens, certains districts sont même gérés par des gouvernantes. Peut-on dire qu’à l’instar d’institutions similaires, le Rotary est un club service ou un club dont on se sert socialement ou dans le monde des affaires ? « Nous sommes différents des autres. On ne peut pas être rotarien sans être intégré dans la vie du club et pratiquer son principal objectif : servir les autres. Ceux qui se joignent à nous pour se servir, il y en a eu dans le passé, ne font pas long feu au Rotary. Très vite, ils réalisent qu’ils se sont trompés de club et s’en vont d’eux-mêmes. Ce n’est pas l’insigne qui fait l’homme mais le contraire. » Est-ce que le rotarien est autorisé à faire de la politique active ? « Non. S’il arrive qu’un membre veut faire de la politique active, il doit prendre congé du club. On ne discute pas de politique ou de religion au sein du club où chacun a droit à ses convictions personnelles. Par contre, on parle beaucoup d’économie, de problèmes de société et de développement dans la mesure où nous sommes des professionnels et avons des expériences à partager dans ces domaines. » Est-ce que de par son nombre de membres le Rotary a un pouvoir politique ? « Notre principal pouvoir, c’est de servir les autres en les respectant et en appliquant la philosophie et les objectifs du Rotary. Un des élément fondamentaux qui fait la force du Rotary c’est la diversité de races, de cultures, de religions de ses membres. Autrefois, le Rotary c’était l’ouverture, le brassage, le partage qui n’étaient pas tout à fait possible selon les codes sociaux. C’était le moyen de connaître les autres. Aujourd’hui, en ce temps de la communication, c’est différent. On peut connaître virtuellement beaucoup de personnes sans les avoir rencontrées grâce à internet et aux réseaux sociaux. Si au départ c’est intéressant, à la longue ce n’est pas suffisant. Le contact humain est toujours nécessaire. Pour les rotariens faire partie d’un club c’est une culture, une passion, que l’on vit pleinement, qui nous permet de mieux connaître le monde dans son intégralité. Le Rotary, c’est une porte ouverte sur le monde, une opportunité donné à tout un chacun de mieux servir l’humanité et je considère que celui qui a la possibilité de s’y joindre ajoute quelques valeurs intérieures à sa vie. »
On l’a constaté, Mamed Baboo est donc un gouverneur rotarien heureux. Sa gouvernance ne comporte qu’un seul problème : son collier de gouverneur. « C’est un petit problème qui me fait rire à chaque fois. Je dois porter le collier du gouverneur dans les fonctions. A chaque fois que je voyage, ce collier affole tous les détecteurs de métaux dans les aéroports et me vaut une fouille en règle des douaniers. J’en profite pour leur expliquer ce qu’est le Rotary… »