Sa caméra reste toujours à portée de main pour immortaliser les précieux moments de la vie. Depuis trois ans, Pallavi Ramasami explore l’univers de la photographie. Elle n’est qu’à ses débuts mais reste confiante d’avoir bien fait son choix de carrière. Cette femme de 27 ans se révèle pleine d’assurance et prête à s’imposer et à partager sa passion à travers ses photos. Zoom sur cette photographe qui a choisi de diriger son appareil photo sur la femme dans toute sa splendeur et tout ce qui se rapproche à son image.
Sans son audace et cette envie de vivre à fond sa passion pour la photographie, Pallavi Ramasami n’aurait jamais pris l’initiative d’aborder une parfaite inconnue en pleine rue. C’était une femme enceinte. Totalement sous son charme, la jeune femme explique avoir eu une révélation : « Elle était tellement belle que je ne pouvais pas passer à côté sans réagir. Une foule d’idées a bouillonné dans ma tête. J’ai vu et ressenti le bonheur chez elle. C’était une belle image qui ne s’arrêtait pas à sa grossesse mais qui représentait, à mes yeux, le début de la vie. J’y voyais la force d’une femme et cette fierté d’être le pilier d’une famille. Je lui ai alors proposé une séance de photos pour saisir à jamais ce moment si précieux. » Après lui avoir remis sa carte de visite, Pallavi a repris sa route sans grand espoir que l’inconnue reprenne contact avec elle. Pourtant, son audace finira par payer.
Shoot.
De ce premier shooting naîtront un bel album photo, mais surtout un concept qui fera son identité photographique. Rapidement, d’autres futures mamans ont fait appel à elle pour immortaliser leurs ventres ronds et le début de cette nouvelle aventure qu’est d’être mère. « Une femme enceinte n’est pas toujours à l’aise devant la caméra, et ce n’est pas évident d’accepter les transformations de son corps. Mais, je suis heureuse que les choses commencent à bouger. Les femmes s’affirment et n’hésitent pas à franchir le cap. Ce n’est pas facile à faire, autant pour elles que pour moi. Je prends en compte plusieurs détails. Il ne faut surtout ne pas prendre de risques. Je dois savoir les rassurer et être à l’écoute. J’ai réussi jusqu’à présent à faire du bon travail. Je vis quelque chose de particulier avec toutes celles qui se retrouvent devant ma caméra. C’est tellement beau la vie et chaque femme est belle à sa manière. » Si elle se démarque des autres photographes en immortalisant le début de la vie, son portfolio met aussi en avant des créations autour des bébés, enfants, autres portraits de mère/enfant ou des photos de famille.
Déclic.
Rien ne prédestinait Pallavi Ramasami à se lancer dans la photographie. Son parcours se révèle atypique. Après le collège, où elle avait choisi la filière littérature et dessin, elle accepte, pour faire plaisir à ses parents, de poursuivre des études de droit en Angleterre. « Je viens d’une famille très modeste. Mes parents avaient de grands projets pour moi et j’ai voulu leur faire honneur. Une fois sur place, je n’ai pas accroché et j’ai tout arrêté. Comme l’Angleterre est un pays avec beaucoup d’opportunités, je me suis prise en main pour m’affirmer et trouver ma voie. J’ai fait beaucoup de petits boulots, notamment un bref passage par le mannequinat. J’ai eu un déclic en posant devant la caméra lors d’une séance photo. J’étais en admiration devant le résultat qu’une caméra pouvait donner. J’ai appris à aimer mon image et pris confiance en moi. C’est à ce moment que j’ai enfin compris que je devais uniquement faire les choses que j’aimais et surtout apprécier la vie à sa juste valeur », nous raconte la jeune femme.
Femmes.
Après trois ans, Pallavi Ramasami décide de rentrer à Maurice. Elle n’entamera pas tout de suite son cheminement vers la photographie, mais à la place, elle se remet à une de ses premières passions : le dessin. Au fil de ces tableaux, elle se retrouve à mettre en lumière la femme. « Je ne m’étais même pas rendu compte que la femme était toujours un élément important dans mes oeuvres. Chaque femme croisée était une source d’inspiration. Leur vie, leur expérience et cette force cachée ne cessent de m’impressionner. Aujourd’hui encore, à travers mes photos, je continue à les mettre en avant. » Et c’est pendant ses cours de graphic design entrepris à l’Université de Technologie que la jeune femme finit par s’intéresser à la photographie et y prendre goût.
Elle décide de tout plaquer pour s’y consacrer pleinement. « Beaucoup de gens n’ont pas compris ma décision. On me trouvait douée pour le dessin ou pour autres choses comme le chant. Même mes parents ont eu du mal à l’accepter. Je suis la seule à comprendre ce que je ressens lorsque ma caméra est entre mes mains. J’avais déjà la fibre artistique, et ça m’a beaucoup aidé dans la photographie. J’arrive à voir les choses différemment. Je suis consciente que ce monde est saturé à Maurice et qu’il y a d’excellents photographes. Je ne suis qu’à mes débuts mais je vis et respire pour la photographie. Je prends plaisir à créer, imaginer et prendre des photos qui expriment tout plein d’émotions. La satisfaction de mes clients m’encourage à continuer. » La femme ou la vie n’ont pas encore livré tous leurs secrets à Pallavi Ramasami. Celle-ci poursuit sa route, explore, et demeure toujours en quête de nouvelles rencontres du hasard qui sauront, sans aucun doute, réveiller d’autres idées ou projets de création.