Pascal Ladaub a remporté, à 25 ans, sa première victoire sur le Tour de Maurice. Au-delà de ce succès d’étape, il faut voir là la renaissance de ce garçon timide aux solides qualités de grimpeur qui, après un passage à vide de plus de deux ans, s’est à nouveau positionné comme un des meilleurs du pays.
Il y a quelques années, Pascal Ladaub, alors licencié en France à l’ESEG-Douai et au summum de sa forme, fait une chute. Cet accident de parcours aura une incidence sur son niveau : il ne sera plus le même. « J’ai pris mon temps pour revenir. Je ne suis plus le même Pascal d’il y a quelques années. » Comment ? Pourquoi ? Des questions auxquelles il essaye de répondre.
« En fait, en 2006-2007, c’était 100% vélo et travail à mi-temps. Maintenant, c’est du 50-50 », explique-t-il. Sa saison 2008 sera finie avec sa blessure et il ne reprendra le vélo qu’à la mi-saison en 2009. Pourtant, ces années noires ont longtemps fait planer le doute sur sa forme réelle et surtout sur sa capacité à revenir à son meilleur niveau. « Mais je suis parvenu à me ressaisir malgré tout. »
On l’aura vu pendant la saison : quelques accessits, un titre de vice-champion de Maurice devant son copain Mike Chong Chin, une troisième place au général du Colin Mayer Classic et une médaille d’or au contre-la-montre par équipes aux JIOI seychellois. C’est bien le réveil de Pascal Ladaub. D’autant qu’il aura échoué au pied du podium du contre-la-montre individuel aux Seychelles. Mais il ne s’en formalise pas, surtout pour lui qui a longtemps peiné avant de recommencer à jouer les premiers rôles.
« Oui. Se retrouver à ce niveau alors que je ne passe que six à huit heures à vélo, c’est déjà une réussite. Surtout que ce n’est pas facile de redevenir le Pascal d’il y a quelques années », lâche-t-il.
Derrière lui, il y a des gens qui croient en ses capacités. « José Achille, Guy L’Espérance, Frédéric de Coriolis, André de Commarmond, mon sponsor Velogic qui m’aide pour mon alimentation, ma famille, ma copine, tous ces gens croient en moi. Alors, quand je gagne, c’est pour eux, c’est par eux », concède le vainqueur du jour.
L’année dernière, on le retrouve dans les bas-fonds du classement général. Cette année, il remporte une victoire d’étape, presque de prestige sur les routes du Tour. Alors, l’année Ladaub ? « On ne sait pas, surtout qu’on a les Jeux d’Afrique juste après et le Tour de La Réunion. Mais on va essayer, pourquoi pas ? »
Et puis, il est des choses qui restent. Il attribue son retour au premier plan à son stage en France. « C’est toujours dans les jambes. Autant en profiter », sourit-il. Maintenant, il est sur le Tour avec l’intention d’aller au bout avec ses coéquipiers. « Yannick est en jaune. Si on peut aller gagner le Tour avec ça, oui, ce serait bien. Et puis, nous, notre rôle, c’est d’essayer de tout faire pour que Yannick soit en jaune. »
Lincoln est bien parti pour conserver son maillot. Son coéquipier Hugo Caëtane est leader au classement de la montagne. Que demander d’autre ? Une autre victoire d’étape, peut-être…