Artiste Mauricien installé à Paris depuis des années, Philippe Houbert revient régulièrement mettre en scène et joue dans des pièces de théâtre à Maurice. Après une série de succès du boulevard français, il est en train de réaliser un rêve vieux d’au moins dix ans : monter « La cage aux folles », le classique » de Jean Poiret. La pièce sera jouée au théâtre Serge Constantin à la mi-novembre.
C’est en interprétant des textes du répertoire classique que Philippe Houbert monta pour la première fois sur les planches, quand il était encore au collège. Il fit ensuite carrière à la radio, à la télévision et au théâtre sous la direction de son oncle Robert et de tous les grands metteurs en scène de l’époque. Par la suite, il s’installa à Paris, tenta de se lancer dans la chanson avant de faire carrière, avec succès, dans l’événementiel en France. Tout en travaillant à Paris, Philippe Houbert s’est fait un devoir de revenir à Maurice à intervalles réguliers, pour mettre en scène et interpréter des succès du boulevard français. Il a fait les beaux soirs du théâtre de Port-Louis dans les années 1990 avec « Le canard à l’orange », « Le poulet au citron », « Le dîner des cons », « Le père Noël est une ordure », « Blaise » et « Un grand cri d’amour », des succès du théâtre de boulevard. Depuis quelques semaines, et avec la collaboration de son compagnon Daniel Mourgues, Philippe Houbert a commencé à répéter un des classiques du genre : « La cage aux folles ». De quand date ce projet ? « De plus de dix ans, de l’époque où je jouais régulièrement au théâtre de Port-Louis. Ce projet est apparu, puis est mort de multiples fois pour des raisons essentiellement financières. Même si cela n’a pas été implicitement reconnu, « La cage » a été difficile à financer au départ, sans doute à cause du thème. Aujourd’hui, le thème est passé dans le moeurs et ne gêne plus personne à Maurice, je l’espère tout au moins. Je crois que Maurice est prête a accueillir « La cage », cette fois. Je n’ai eu aucun problème pour obtenir le financement de la production par la firme Rogers, La Sentinelle nous offrant le support publicitaire et le ministère de la Culture une bonne réduction sur la location de la salle. Mais en dehors du thème, il faut reconnaître que « La cage » est ce qu’on appelle un vrai blockbuster dans le monde du spectacle international. Ecrit il y a presque quarante ans par Jean Poiret, créé par l’auteur et Michel Serrault à la même période, cette pièce a été jouée dans le monde entier sous toutes les formes possibles. Elle a été adaptée au cinéma — ce ne sont pas les meilleures versions —, puis en comédie musicale à Broadway et à Londres et elle est actuellement à l’affiche dans au moins huit pays. » Comment expliquer le succès de cette pièce qui n’a rien à faire avec, disons, du Samuel Beckett. « C’est le moins qu’on puisse dire. L’immense succès de cette pièce, qui a quarante ans et n’a pas pris une seule ride, réside dans la manière de traiter le sujet. Tout est dans l’approche du sujet, de son traitement. Il n’y a pas de vulgarité dans le texte qui est super bien écrit, traité au second degré. Au-delà des cris et des mimiques de Zaza et de ses prises de bec avec son compagnon, c’est une histoire d’amour traitée avec tendresse. C’est aussi un spectacle total qui mélange théâtre et cabaret. Chaque adaptation s’approprie du texte qu’il respecte et y apporte un additif. »