A partir de 1957, agrégé d’histoire du droit, il se forme à la psychanalyse. Chargé de mission auprès de l’ONU et de l’Unesco, il décrypte le discours des institutions internationales sur l’Afrique et mesure l’étendue des ravages dont l’Occident se rend coupable quand il exporte ses modèles de démocratie clés en main pour fabriquer des Etats fantoches.  Pierre Legendre, c’est d’abord la pensée impérieuse de la limite. Notre époque industrielle est entrée dans le vertige de l’illimité, de la frontière repoussée. D’un côté, la postérité de Mai 68 a engendré et promu un véritable idéal antitabou, une réticence à toute forme de normativité, une idéologie hédoniste en expansion continue. Les symptômes sont connus de tous, il suffit d’ouvrir le journal: logique du lobbying des diverses communautés (existantes et à venir) qui mordent sur le droit et l’Etat et tendent à la fragmentation, à la mosaïque des privilèges; affaiblissement de la figure du Père (crise de l’autorité, incapacité à dire non, posture fragile de l’enseignant). Sur l’autre versant, l’ultralibéralisme, qui, en un mouvement illimité, transforme tout en marchandise, entraîne les pires dérégulations et le chômage de masse, et contraint l’Etat, garant de la raison, à des retraits successifs et croissants. La lecture de l’oeuvre de Legendre est le meilleur remède à ce que l’on nomme, naïvement, la perte des repères.
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