Les Mauriciens qui ont vu Lonbraz Kann ne sauront être insensibles au personnage de Bissoon, un marginal servi par Raj Bumma. Scope rencontre un acteur de talent, et retrace les grandes lignes d’un parcours de comédien devenu directeur artistique. Un homme de Nouvelle Découverte…
Un vieux campagnard transporte une radio à lampe sur sa bicyclette et va s’acheter un fusible à la boutique du coin. Une scène du court métrage de David Constantin, Made in Mauritius; probablement les prémices du long métrage Lonbraz Kann. Ce rustre villageois est campé par Raj Bumma, un homme discret, connu dans la sphère publicitaire et comme directeur artistique auprès de voice actors chargés de doublage.
Raj Bumma dans la peau de Bissoon est une évidence. Ce n’est plus jouer la comédie, mais être un personnage doué d’émotion face à la caméra. “Entre David et moi, la chose était entendue. J’avais d’abord refusé de jouer dans un long métrage car j’étais pris avec la direction de doublages de séries, mais David avait écrit le scénario en pensant à moi dans le rôle de Bissoon.”
Un bond dans le temps pour mieux comprendre. Notre interlocuteur a connu la colonisation anglaise dans un grand dénuement à Nouvelle Découverte. Toit de chaume et sol maçonné de bouse; toiles de jute en guise de lit. La ruralité revêt un caractère intime pour ce fils du sol, familier des arbres centenaires surplombés par un relief témoin d’une histoire qui est la sienne.