Réélu à la tête de la Mauritius Council Of Social Services (MACOSS) jusqu’en 2012, Denis Grandport est actuellement en mission en Afrique du Sud dans le cadre d’un accord avec la Southern African Trust portant sur le financement de la construction du nouveau quartier général de la MACOSS à Ébène. Le Quatre-Bornais qui vient de fêter ses 56 bougies samedi, a un parcours étoffé dans le domaine du social. Ses objectifs : apporter un nouveau souffle et donner une autre dimension à la MACOSS. Rencontre avec cet homme dont le social procure une satisfaction intérieure…
Denis Grandport fait du social depuis l’âge de 13 ans ayant travaillé avec les enfants des rues entre autres. Il en a développé une véritable passion au fil du temps. « Le social est inné… C’est l’art de se mettre au service des autres, être à leur écoute pour les sortir du ghetto. Le social ce n’est pas un travail qu’on effectue pour gagner quelque chose en retour. Loin de là. On donne toute sa vie et tout son temps pour soulager les autres… Quand vous faites du social, au fur est à mesure vous essayer d’innover, de progresser, de vous investir personnellement » fait-il d’emblée ressortir.
Après avoir fait ses premiers pas dans le social, l’ancien élève du collège de St Mary’s se montre de plus en plus actif au sein de plusieurs organisations. Le Quatre-Bornais gravit les échelons et se fait rapidement remarquer. Ce père de deux enfants fait partie des membres fondateurs du Club Everton. En 1975, il est élu président de la fédération de la ville de Beau-Bassin / Rose-Hill. Grâce à sa volonté et sa détermination, le travailleur social se voit confier plusieurs responsabilités et se retrouve à la tête de plusieurs mouvements centrés sur le social. Ses ambitions n’ayant pas de limites, M. Grandport crée en 1997 le Fellowship First-Aiders dont il sera le directeur. 
Arpenteur de profession, Denis Grandport intègre la MACOSS en 2002 comme simple membre élu. Là une fois de plus, on lui confie la responsabilité de mener la compagne de courtoisie sur nos routes. « Je pense que c’est par ma façon de travailler que mon entourage voit en moi quelqu’un de responsable et qui fait les choses avec amour », soutient le Quatre-Bornais.
Ce n’est qu’en 2010 qu’il se porte candidat pour la présidence de la MACOSS. Coup d’essai, coup de maître : Denis Grandport est élu Executive Chairman de l’organisation. Il confie toutefois qu’être président de la MACOSS ne lui a jamais traversé l’esprit. Cette année son mandat a été reconduit. L’Executive Chairman explique qu’il doit une fière chandelle au Docteur Satish Boolell pour cette ascension fulgurante. « Au départ j’ai travaillé avec le Docteur Satish Boolell.  Il est un homme de terrain et je peux le dire haut et fort : j’ai appris beaucoup de lui. Il m’a fait confiance », souligne notre interlocuteur. 
Tout en soutenant qu’occuper ce poste à la MACOSS n’est pas de tout repos, il dit avoir plein de projets pour son deuxième mandat : « C’est un deuxième mandat avec beaucoup de défis pour moi. Je veux revoir le statut de la Macoss et lui donner une autre dimension. À titre d’exemple on ne peut pas faire des élections tous les ans. Une année c’est peu. Il en faut au moins deux, ce qui permettra au président de réaliser un bon travail et un bon bilan », avance-t-il.
Un des chantiers de l’Executive Chairman pour 2011-2012 est la création du quartier géneral de la MACOSS à Ébène au coût de Rs 15 millions. D’ailleurs Denis Grandport est depuis lundi en Afrique du Sud pour signer un accord avec le Southern African Trust (SAT) concernant une partie du financement de ce projet. 
L’indispensable rôle des ONG
Commentant le nombre croissant des ONG et la dimension que prennent ces organisations au sein de la société, le chairman de la MACOSS explique que « le pays a besoin des ONG. Un pays ne peut pas fonctionner sans elles. Selon vous, qui s’occupe des handicapés ? Avons-nous des institutions gouvernementales qui le font ? Il n’y a que les ONG. Donc c’est clair que nous en avons besoin. Le gouvernement agit comme facilitateur et ce sont les ONG qui font le travail ». Et d’ajouter : « On ne peut pas utiliser les ONG pour réaliser un travail complémentaire pour le gouvernement et de l’autre côté ne pas les respecter. Ce n’est pas normal. D’autre part la MACOSS doit être un organisme viable respecté par l’État. Elle doit devenir la voix des ONG ». 
Passionné des grosses cylindrées, Denis Grandport explique que la consécration pour lui est venue en septembre 2010 quand il a été choisi pour prendre la parole lors d’une conférence aux Nations unies. « C’est quelque chose des plus formidables, le summum », explique-t-il en souriant. 
Après avoir réaliser un tel parcours, accumulé de riches expériences et emmagasiner d’innombrables souvenirs, Denis Grandport reconnaît que c’est avant tout grâce au soutien de sa femme et de ses enfants. L’homme qui place la barre élevée conclura sur ces quelques notes : « Le social finalement c’est quelque chose qui procure une satisfaction intérieure. Il faut aimer le social pour pouvoir s’y donner à fond. Si on le fait uniquement pour plaire aux autres, cela n’en vaut pas la peine. Faire du social c’est indescriptible…».