A partir de la semaine prochaine Vaco Baissac proposera sa dernière exposition au showroom d’Allied Motors, à Réduit. « Les concubines » est le titre provocateur que l’artiste a choisi pour cette exposition. A partir d’une interview qu’il nous avait accordé en 2010, nous vous proposons un portrait de cet artiste aussi connu pour ses toiles que pour ses prises de position.
Né en 1940, Vaco Baissac grandit entre son père qui était architecte et le peintre Hervé Masson qui « dessinaient et discutaient de l’art », ce qui va lui donner l’envie d’observer ce qui se passe autour de lui et d’en restituer une vision personnelle sur la toile. Il déteste l’école, refuse de s’intégrer au système et ne fait que dessiner et peindre. Ce qui le conduit à organiser sa toute première exposition à l’âge de 18 ans. C’était, dit-il aujourd’hui en souriant, « la toute première exposition d’un jeune peintre qui ne savait pas peindre ». Ce qui n’empêchera pas Malcolm de Chazal d’écrire de ce jeune débutant que, « c’est mon frère dans la couleur ». Vaco commence sérieusement à apprendre en suivant des cours avec le peintre allemand installé à Maurice, Siegfried Sammer. Après ses études, Vaco travaille pendant quelque temps à la banque Commerciale avant d’aller poursuivre son éducation artistique à Bruxelles. Inscrit à l’école des Beaux-Arts, il apprend à fouiller en lui et fait cette découverte fondamentale : « Je suis de la mer ce que la vague, poussée par le vent, est au lagon », et surtout comment faire pour prendre « ce vent-là » au bon moment, à l’instant précis. Après un séjour en Europe juste avant mai 68, il va vivre intensément pendant vingt ans en Afrique où, en faisant toutes sortes de métiers, il va continuer à se découvrir en peignant. C’est au cours de long séjour, dira-t-il par la suite, « que je me suis reconnecté avec la matièreen peignant, en pensant, en regardant, en observant, en comprenant et en communiquant ». Après vingt ans passés dans ce qui est pour lui « le berceau de l’humanité », Vaco revient dans son île natale. « Je savais depuis que j’étais arrivé en Afrique qu’il fallait que je revienne à Maurice. L’île m’appelait et j’avais des envies de mettre mon pied dans le sable du lagon, de me rouler dans la mer de l’île Maurice, j’avais envie de revoir les crabes, les poissons, les oiseaux, les paysages. J’avais besoin de tout ça comme si toutes les années précédentes avaient été celles de l’apprentissage. Quand je suis arrivé ici, c’était comme si je rentrais dans mes vieilles pantoufles. J’ai besoin des bruits et des odeurs de Maurice pour m’accompagner dans le mouvement quand je peins ». Il ajoutera qu’il n’a jamais ausssi bien peint que depuis qu’il est revenu à Maurice.