Poursuivi en tant que trafiquant de drogue, John Paul Jhureea a plaidé coupable et a été condamné à 20 ans de servitude pénale et à Rs 100 000 d’amende par le juge Benjamin Marie Joseph. Dans cette affaire relative à 764,4 grammes d’héroïne d’une pureté de 18 %, estimés à environ Rs 7,6 millions, l’accusé a soutenu qu’il n’est pas un trafiquant.
John Paul Jhureea, 27 ans, a plaidé coupable à la charge de possession de 764,4 grammes d’héroïne d’une pureté de 18 % devant le juge Benjamin Marie Joseph mardi. Le Directeur des poursuites publiques lui intentait un procès devant la Cour d’assises sous les articles 30 (1) (f) (ii), 41 (3) (4) et 45 (2) (5) (a) de la Dangerous Drugs Act (DDA) avec la présomption que le prévenu est un trafiquant de drogue. Il a écopé de 20 ans de servitude pénale et Rs 100 000 d’amende hier après-midi devant la même instance. Les 97 jours passés en détention préventive sont déduits de la sentence.
Cet habitant de Plaisance, Rose-Hill, a été arrêté le 17 octobre 2008 par l’inspecteur Valaydon qui patrouillait sur le campus de l’université de Maurice, Réduit, avec un constable. Le policier a vu un taxi suivre la voiture que conduisait Jhureea. À un moment donné, les deux voitures se sont arrêtées et un homme d’origine africaine, Robert Mensah Dzitse, est sorti du taxi pour remettre un sac en plastique à l’accusé. Le Ghanéen, qui portait une veste, devait aussitôt repartir à bord du taxi. Les deux policiers sont intervenus pour arrêter la voiture de John Paul Jhureea en retirant la clef de contact. Le livreur du colis a été un peu plus tard arrêté.
Selon l’article 41 (3) de la DDA, toute personne trouvée coupable d’être un trafiquant, peut se voir condamner à une amende de Rs 2 millions et à une peine de réclusion criminelle allant jusqu’à 60 ans. L’article 41 (4) stipule qu’une personne est considérée comme un trafiquant de drogue si la valeur marchande de la drogue relative à l’affaire dépasse Rs 1 million.
John Paul Jhureea a consigné cinq statements au chef inspecteur Verdah de l’Anti-Drug and Smuggling Unit de Rose-Hill. Le jeune homme a déclaré au Chef inspecteur qu’il attendait une femme avec qui il entretenait une relation extraconjugale. Questionné sur l’identité de cette personne, le jeune homme n’a pas voulu répondre mais a donné une description quelque peu vague de celle-ci. « Li marye… Mo pa le li gayn problem », avait-il lâché. Il a soutenu ne jamais avoir vu cet homme (le Ghanéen) auparavant et que celui-ci a jeté un sac en plastique sur le siège de sa voiture.
À la barre des témoins, l’accusé a toutefois déclaré ne pas être un trafiquant de drogue et que des personnes se seraient servies de lui car il était très jeune à l’époque. « Mo dakor pou posesion me pa pou trafikan ladrog », a-t-il dit. Son avocat a toutefois fait ressortir que son client a déjà plaidé coupable à la charge. La drogue a été évaluée à quelque Rs 7,6 millions.
Le juge Benjamin Marie Joseph a soutenu qu’il a tenu compte de l’implication du jeune homme dans cette affaire, qui s’est contenté que de prendre possession d’un colis, et de son âge. L’accusé est également père de famille. Il était défendu par Mes Ashley Hurrunghee, Athon Murday et Robin Appaya alors que la partie civile était représentée par le Principal State Counsel Me Sanjeev Baungally et la State Counsel Anusha Rawoah. La poursuite a demandé que la drogue ne soit pas détruite parce qu’elle va servir de pièce à conviction dans d’autres procès.