Du fait de l’état de santé critique du prévenu, le DPP a amendé la charge contre Tomas Carlos Pedraza, arrêté en possession de Rs 2,8 M de subutex. L’allégation de trafiquant ayant été abandonnée, il risque un maximum de 25 ans de prison. Le juge Benjamin Marie Joseph rendra la sentence la semaine prochaine.
« Des circonstance exceptionnelles. » Ce sont les mots utilisés par le Senior Counsel Me Gavin Glover, avocat de Tomas Carlos Pedraza, pour définir ce procès. L’accusé est un ressortissant français d’une trentaine d’années et souffre de plusieurs maladies qui ne peuvent être guéries. « Je voudrais bien mourir auprès de ma famille », a déclaré le prévenu à la barre des témoins. Il a demandé la clémence de la cour car son état de santé est jugé « critique ».
Tomas Carlos Pedraza a soutenu que c’est un certain Raffick qui lui a demandé de faire passer le colis contenant 2 786 comprimés de Subutex. Cet homme vit en France, mais le prévenu a soutenu ne pas connaître son nom de famille. « La personne qui m’a envoyé m’a menti… Je ne savais pas que c’était considéré ici comme de la drogue dure. Il m’a fait croire que c’était pour sa famille. Moi même, j’en ai pris pendant trois ans. On le met sous la langue en France… C’est ici que la police m’a informé que ça s’injectait aussi », a déclaré le Français. Il a soutenu avoir suivi plusieurs fois des cures de désintoxication, mais avoir à chaque fois rechuté.
Trois Mauriciens ont été arrêtés grâce à la coopération de Pedraza. Ils sont poursuivis devant la cour intermédiaire. Le bureau du directeur des poursuites publiques, représenté par la Senior State Counsel Me Rehnu Gowry-Bhurrut, a amendé la charge en abandonnant la supposition qu’il pourrait être un trafiquant.
Il s’avère en effet que lorsque la drogue retrouvée dépasse le Rs 1 million, l’accusé est alors considéré comme un trafiquant de drogue. La sentence maximale passe alors de 25 à 60 ans. Or, dans cette affaire, la valeur de la drogue saisie a été évaluée à environ Rs 2,8 millions. Selon la Dangerous Drugs Act, il aurait donc dû être considéré comme un trafiquant, mais la partie civile a décidé de ne pas insister. Le délit a été commis en juillet 2011 et Pedraza a été intercepté à l’aéroport. L’inspecteur Cunniah de l’Anti-Drug and Smuggling Unit (ADSU) a soutenu que l’accusé a coopéré avec la police et l’exercice de livraison surveillée a été un succès. Tomas Pedraza a soutenu que sa coopération a été volontaire et qu’il est prêt à témoigner contre les trois Mauriciens arrêtés. Il est, depuis son arrestation, en détention préventive.
Les trois autres cas de possession de subutex devant les Assises se sont soldés par un emprisonnement d’une vingtaine d’années alors que le « drug trafficker averment » n’avait pas été abandonné.
Selon Me Gavin Glover (SC), les autres personnes avaient importé plus de subutex et la cour avait donné le tiers de la sentence maximale. Il a demandé que son client obtienne une peine autour de cinq ans. La sentence sera prononcée la semaine prochaine. Pedraza veut être expatrié dans son pays, la France, afin d’être plus proche de sa famille avant de mourir. Sa compagne a fait le déplacement pour assister au procès.